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GenMyModel est un outil de modélisation en ligne, supportant ArchiMate, BPMN, UML, DMN et gratuit, mais convient-il à l’architecte d’entreprise ?

GenMyModel est une plate-forme française de conception logicielle basée sur les normes UML pour la modélisation de systèmes, BPMN pour les processus d'entreprise, DMN pour les règles métier et AchiMate pour l’Architecture d’Entreprise. Complètement accessible dans le cloud en mode SaaS, il fournit des générateurs de code intégrés pour Java, SQL, Spring… Idéal ou produit d'appel à des formules payantes ?

genmymodel-uml-bpmn-dmn-archimate  

L'offre des catégories de projets est pléthorique

 

Mise en œuvre

Simplissime, le site https://www.genmymodel.com/ propose de créer un compte afin d’accéder à la plate-forme. Vous pouvez aussi utiliser un compte Google ou GitHub existant.

 

Axellience, les jumeaux numériques et les heatmaps

Basé à Lille, Axellience a été le premier éditeur français de logiciel à créer une plate-forme de modélisation collaborative en ligne, GenMyModel, permettant une co-création à la « Google Drive », basée sur un référentiel commun.

 

A partir de la plate-forme technologique GenMyModel, Axellience a élaboré “Agile Architecture Factory”, une solution collaborative payante en ligne pour l’architecture agile du SI dans les projets de transformation, ainsi qu’une offre de services associés.

 

Axellience étend les possibilités de personnalisation de sa méthode en généralisant aux normes ArchiMate et BPMN la notion de profil UML. Ces profils permettent de créer de nouveaux objets avec leurs icônes, et d'en disposer immédiatement pour la modélisation, le reporting et la documentation, en mode no-code. Un projet peut être “multi-modèles”, c'est-à-dire combiner autant de notations que nécessaire, par exemple un modèle de stratégie ArchiMate, des modèles de processus BPMN, des modèles de données en diagramme entité-relation ou UML...

 

Partant du constat que personne n’a le temps de réaliser la documentation, Axellience a conçu LiveView, un outil bâti sur le principe suivant : “modéliser = documenter”, qui génère automatiquement tous types de rapports.

 

L’éditeur propose un service basé sur les jumeaux numériques (réplique numérique d'un objet, d'un processus ou d'un système), qui, combiné avec sa méthode, permet de réaliser des indicateurs visuels comme des heatmaps, graphique de données statistiques faisant correspondre à la grandeur d’une variable une gamme de couleurs, pour illustrer les résultats des décisions prises. 

 

Une ombre au tableau,
le service de collaboration à la Google est payant

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Pour pouvoir travailler à distance à plusieurs, dans le cloud en mode SaaS ("Software as a Service"), il faut tout d’abord créer une organisation ; ce service est payant ; voir la copie d’écran ci-dessus. Une fois créée, on peut ajouter des membres avec leurs courriels. Les membres devront se connecter, aller dans leur tableau de bord où apparaîtra l’invitation et cliquer sur le bouton pour joindre l’organisation.

 

Les changements effectués par chacun des membres seront relayés en temps réel, comme pour un document Google Drive ou comme avec Visual Paradigm (voir notre article dans les compléments de lecture).

 

L’utilisateur possédant un compte FREE ou SOLO devra modifier sa souscription moyennant finance en EQUIPE ou ENTREPRISE.

 

Dépôt public

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Les modèles dans le dépôt public ne sont malheureusement pas vérifiés
quant à leur conformité aux normes.

 

GenMyModel possède un dépôt public avec quelque 200 000 exemples permettant de ne pas partir from scratch.

 

Les modèles UML : la grande classe

GenMyModel propose les diagrammes UML ("Unified Modeling Language") suivants : classes, composants, activités, état-transitions, objets, séquence, cas d’utilisation, déploiement. Dommage que les diagrammes UML composite, package, communication, temps et global d'interaction soient absents. Les choix par défaut sont judicieux ; les noms des rôles sont automatiquement définis positionnés ainsi que les multiplicités.

 

On pressent que GenMyModel est destiné à la génération automatique de code, ce qui le positionne dans le camp des évangélistes du low-code/no-code.

GenMyModel est très certainement à ranger parmi les outils de modélisation classieux.

 

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Pour UML, GenMyModel ravira les architectes logiciels, ainsi que les concepteurs-développeurs

 

BPMN et la notation souvent oubliée DMN

Si la norme BPMN ("Business Process Model and Notation") est incontournable pour la modélisation des processus métier et si la grande majorité des outils de modélisation l’implémentent, il en est différemment pour la norme DMN (Decision Model and Notation) pour la modélisation des règles métier et des tables de décision. Rares sont les outils supportant cette norme pourtant associée à BPMN.

 

En effet, à une “Business Rule Task” BPMN, il est d’usage de lui faire correspondre le modèle DMN détaillant les règles métier. A noter que cette tâche est nommée “Business Task” dans l’outil. Si GenMyModel supporte DMN, il est malheureusement impossible de faire correspondre les 2 modèles BPMN et DMN sur le même diagramme.

 

genmymodel-bpmn-rule-task 

Il aurait été judicieux de pouvoir insérer le diagramme DMN ci-dessous
à côté de la Business Rule Task "Etudier l'adhésion"

 

 

genmymodel-dmn-generation-code-java-spring-boot 

GenMyModel supporte la norme DMN
pour la modélisation des règles métier et des tables de décision

 

ArchiMate

Nous avons utilisé le pattern ArchiMate (langage de modélisation du framework TOGAF The Open Group Architecture Framework) “Point de vue de réalisation de service" qui permet de montrer comment un ou plusieurs services métier sont réalisés par les processus sous-jacents (et parfois par les composants d'application).

 

GenMymodel est moins abouti dans ce domaine qu'Archi par exemple (voir notre article dans les compléments de lecture).

 

genmymodel-archimate-service-realization-viewpoint 

Pour ArchiMate, GenMyModel se situe un cran en dessous d'un outil comme Archi,
mais, contrairement à lui, il s'exécute à distance en environnement Cloud.

 

Import/Export

Pour accélérer la transition Cloud, GenMyModel est interopérable avec Confluence et Jira d’Atlassian. Les utilisateurs profitent de la solution pour se libérer des outils concurrents à base de clients lourds. Ainsi, l’import de l’outil Enterprise Architect de Sparx Systems (https://sparxsystems.com/) se rajoute aux imports XMI et BPMN, pour faciliter la reprise des référentiels d’architecture existants.

 

GenMyModel propose d’exporter la documentation dans les formats standards Word, PDF…

L’outil offre la possibilité d’exporter les diagrammes en XMI (XML Metadata Interchange) qui est le format textuel normalisé par l’OMG d’import/export de diagrammes UML. Pour les processus métier, le format d’import/export BPMN2 est entièrement supporté.

 

Outil low-code/no-code ?

Comme son nom l’indique, la spécialité de GenMyModel est la génération de code. Nous avons été agréablement surpris par l’étendue et la puissance du générateur de code utilisant des modules open source en provenance de l’organisation Eclipse.

 

En effet, la plupart des langages sont supportés. De plus, il est possible de générer des microservices en Java Spring Boot, qui est une des solutions d’implémentation les plus tendance pour une Architecture Microservice (voir notre article dans les compléments de lecture).

 

genmymodel-generation-code-spring-boot 

Extrait du code Java produit par le générateur UML2SpringBoot de GenMyModel

 

Conclusion

La formule gratuite n’offre pas la possibilité de gérer un référentiel d’objets transverses à l’ensemble de l’entreprise.

 

GenMyModel est sans conteste un excellent outil de modélisation, plutôt réservé à la conception d’application qu’à l’Architecture d’Entreprise. Les concepteurs-développeurs trouveront leur bonheur en modélisant, puis en générant des squelettes de code dans leur langage favori.

 

GenMyModel comporte très peu d’aide, pas d’exemple complet comme dans ADOIT:CE, Modelio ou WinDesign (voir nos articles dans les compléments de lecture). 

 

Comme beaucoup d’autres sociétés de consulting, Axellience propose gratuitement un outil de modélisation offrant les fonctionnalités de base, afin de montrer ses compétences et d’attirer de potentiels clients qui, pour leurs référentiels d’entreprises, auront nécessairement besoin d’extensions payantes et des services, autour de leur méthode maison “Agile Architecture Factory”.

 

Note : 3/5

Nous regrettons :

- L'impossibilité de lier n’importe quels objets du référentiel pour assurer la traçabilité,

 

- Peu de documentation,

 

- Pas d’exemple concret et complet, mais anonymisé, montrant les possibilités de l’outil

 

- L’absence de validation des diagrammes, avec la description détaillée des erreurs
et des propositions de solutions pédagogiques.

 

Nous aimons :

+ L’ergonomie et le design sont au niveau de ce qui se fait de mieux aujourd’hui,

 

+ Un outil de modélisation open source supportant ArchiMate, BPMN, DMN et UML,

 

+ Outil en mode Cloud se dispensant de toute installation en local et disponible sur tous les OS.

 

 

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Rhona Maxwel

urbanisation-si.com

@rhona_helena

 

“Always choose people that are better than you, that challenge you and are smarter than you. Always be the student” Sandra Bullock.

(Choisissez toujours des personnes qui sont meilleures que vous, qui vous challengent et qui sont plus intelligentes que vous. Soyez toujours l'étudiant) 

 

Compléments de lecture

 


30/06/2022
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Architecture d'Entreprise augmentée, quelle influence de l’Intelligence Artificielle sur la gouvernance et la stratégie ?

L’omniprésence et la protéiformité de l’IA, comme le RPA (Robotic Process Automation) ou les chatbots, déclencheraient-elles une disruption et feraient-elles naître une Architecture d'Entreprise augmentée ? L’IA a-t-elle un rôle à jouer dans les décisions des comités de direction ?

 

architecture-entreprise-intelligence-artificielle-ia-hal-9000 

Un ancêtre de l'IA, pour les cinéphiles

 

APIsation, plateformisation, données “chaudes”, données “froides”, données "tièdes"...

L’APIsation et la plateformisation de l’entreprise alliées à l’urbanisation du SI participent à l’intégration de l’IA dans les applications.   
Les données “chaudes” représentent le référentiel des entités métier, les indicateurs de pilotage et sont persistantes dans des bases SQL avec un accès en quasi temps réel. Les données “froides” sont le résultat de l’archivage dans d’autres espaces de stockage, sans contrainte de temps de réponse. Entre les deux, les données "tièdes", issues du rapprochement des deux types précédents, offrant rapidité et quantité et appartiennent au domaine du Big Data qui alimente les algorithmes de l’IA.
L’Architecture Réactive, basée sur les évènements, les APIs et les microservices, fait partie des fondements pour déployer de l’IA.


Les cycles d’évolution des technologies étant de plus en plus courts, l’open source devient incontournable. De même l’open innovation permet d’innover en mettant en œuvre une collaboration entre les grandes entreprises et les start-ups avec les incubateurs, les hackathons, les financements…
L’externalisation des compétences techniques comprend des risques, notamment sur la maîtrise de la sécurité, des savoir-faire, mais aussi sur l’évaluation éthique. Intégrer une brique fournie et maintenue par un tiers dans la chaîne opérationnelle pose le souci de voir partir le savoir-faire métier, car en effet, même si les données appartiennent à l’entreprise, les algorithmes et les modèles appartiennent en général aux fournisseurs. Ils peuvent donc acquérir et consolider le savoir-faire métier de plusieurs entreprises clientes pour le vendre ensuite à des entreprises concurrentes ou l’exploiter eux-mêmes.

 

La dimension éthique pour les entreprises réside aussi en partie dans leur capacité à s'approprier le développement de solutions et à traiter le plus en amont possible les questions de traçabilité et d'explicabilité des algorithmes. La question d’acceptabilité des modèles est cruciale aujourd’hui. S’il est indispensable de faire appel à l’expertise extérieure (dynamique évolutive, sujets très pointus…), le contrôle est indispensable. Internaliser les outils d’IA demande des compétences, car il est rare de trouver un outil open source sur étagère qui réponde complètement aux besoins de l’entreprise. C’est en général une bonne base, mais elle doit être adaptée à chaque contexte. Il faut faire beaucoup d’assemblage et souvent un peu de développement, donc il faut avoir les compétences en propre.

 

Du Machine Learning dans la gestion de projet

L'analyse prédictive peut fournir des conseils au chef de projet pour atteindre le meilleur résultat possible, basé sur ce qui a fonctionné dans les projets antérieurs.
Les chatbots servent d'assistants de projet. Ils peuvent prendre en charge des tâches subalternes, telles que l'organisation des réunions, contrôler la performance en fonction des références de base, rappeler aux équipes projet les activités programmées.

La planification basée sur l'lA pourrait inclure les leçons apprises des projets antérieurs et suggérer plusieurs calendriers possibles, en fonction du contexte et des dépendances. Par ailleurs, les plans de projet pourraient être adaptés et recalibrés en quasi temps réel sur l'historique des performances de l'équipe et l'avancement du projet. Le système pourrait même alerter le chef de projet des risques et des opportunités, en utilisant l'analyse des données de projet en temps réel.

Dans son évolution, l'IA pourrait convertir les cartes mentales (mind map) créées par les équipes projet en ontologie métier, en tirer des tâches reliées entre elles et il ne resterait plus qu'un pas à faire pour arriver à des modèles BPMN.
La mise en œuvre de l'apprentissage automatique (Machine Learning) dans le management de projet permet l'analyse prédictive et corrective, visant à fournir au chef de projet des alternatives pour la prise de décision.

 

Le comité de direction augmenté, une utopie ?

Les dernières études en la matière mettent en évidence un usage de l’IA au niveau tactique, plutôt qu’au niveau stratégique de l’entreprise, c’est-à-dire essentiellement dans l’amélioration des processus opérationnels de l’entreprise.

Voir nos articles :

 

Les récents progrès pourraient laisser penser que de tels modèles pourraient trouver une application dans la prise de décision stratégique, voire prendre les décisions stratégiques elles-mêmes lorsqu’on les utilise dans un conseil d’administration.
La perspective qu’une IA puisse influer dans les décisions stratégiques appartient encore au monde de l’utopie. Comme tout un chacun, la compréhension des décideurs d’un problème, de son contexte et de sa résolution, s’appuie notamment sur leurs connaissances, leurs expériences et leurs énactions.

L’essence même de la prise de décision stratégique est définie par un manque d’informations, une incertitude élevée et une forte interdépendance avec les acteurs de la décision : autant de caractéristiques qui rendent assez improbable le fait de confier les décisions stratégiques d’une entreprise à une IA.
Les biais des DG seraient alors remplacés par les biais des jeux de données, qu’ils proviennent de biais cognitifs, du surapprentissage, d’échantillons, de sélection, de valeurs aberrantes ou surreprésentées.


Les disruptions tous domaines confondus impactant le décisionnel relèvent par nature même de l’imprévisibilité et sont inmodélisables. Aucun modèle prédictif n’a pu, ne serait-ce qu’entrevoir, l’ubérisation. Sûrement parce qu'ils sont basés sur des données qui ne sont plus de premières fraîcheurs, tombant rapidement dans l’obsolescence.
Les entreprises entamant leur transition numérique doivent composer des équipes aux triples compétences : métier, informatique et mathématiques, sous la direction d’un CDO (Chief Data Officer).


La gouvernance doit constamment faire de la prospective, afin de maintenir ses informations sur l’IA devenu domaine hautement stratégique. Le rôle de l’architecte d’entreprise peut être renforcé par celui d’un architecte des données (CDO Chief Data Officer) au service de la création de valeur et donc de l’IA. Il apparaît ainsi nécessaire que le CDO possède une solide culture en matière d’IA, afin d’éclairer les discussions de la gouvernance sur ce sujet stratégique.

 

Conclusion

En termes de recherche fondamentale, les avancées et les percées se succèdent, aboutissant peu à peu à des applications opérationnelles. La veille, la vision et la prospective stratégique sur ces sujets de recherches technologiques restent essentielles pour se préparer aux disruptions majeures à venir.
Nous avons déjà pris l’habitude d’utiliser notre smartphone comme "prothèse cognitive", et cette capacité ne va faire que s’étendre et sûrement aux instances décisionnelles des entreprises.

 

 

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Rhona Maxwel

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@rhona_helena

 

“Sur la route, il y avait déjà des bandes réfléchissantes, maintenant il y roule des voitures intelligentes.”
Marc Escayrol

 

Compléments de lecture

 


09/06/2022
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Méta-physique ? Non, méta-modélisation !

La sortie récente de la version 5 du Camunda Modeler, permettant de modéliser les processus métier avec la notation BPMN, nous donne l’occasion de faire un rappel sur la notion de méta-modèle, qui se cache souvent derrière le modèle.

 

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Un méta-modèle pour quoi faire ?

 

3U

 

Les 3U pour la Modélisation, l’Exécution et le Pilotage d’un processus métier

 

  • Un modèle est Utile.
    Si vous n’en êtes pas convaincu, alors vous ne butinez pas sur le bon site ! Car la mise en œuvre de l’Urbanisation du Système d’Information et de l’Architecture d’Entreprise avec méthode, pour une entreprise agile et résiliente, prônée par urbanisation-si.com, est basée sur la modélisation.

 

  • Un modèle doit être Utilisable.
    C’est cet aspect d’un modèle qui est détaillé plus bas dans cet article et qui s’appuie, selon nous, sur la normalisation grâce à un méta-modèle. Et cela permet de passer éventuellement de la modélisation statique à la modélisation dynamique.

 

  • Un modèle est-il Utilisé ?
    Un modèle de processus métier peut être directement utilisé avec la plate-forme adéquate. Souvent, il est toutefois nécessaire d’ajouter quelques artefacts, comme des formulaires de saisie.
    Utiliser un modèle reste la manière la plus efficace de s’assurer que la pratique du processus métier correspond à la théorie. Le modèle de processus est alors indissociable de la réalité. Le processus métier va pouvoir être piloté.
    Un dispositif optionnel comme le BAM – Business Activity Monitoring – permet de compter le nombre d’instances d’un processus métier (combien sont terminés, combien sont en cours, combien sont en erreur, etc.) et de mesurer leurs durées.

 

 

Utilisabilité d’un modèle

 

Intéressons nous plus particulièrement ici à l’utilisabilité d’un modèle. L’utilisation d’un langage ou une notation de modélisation normalisée facilite la réalisation, le partage, la compréhension d’un modèle. Ceci est particulièrement vrai avec la notation BPMN, qui permet notamment aux analystes métier et aux informaticiens de partager des modèles de processus métier et permet même directement leur exécution grâce à un BPMS.

 

Pyramide de modélisation

 

Concernant les langages et les notations de modélisation, la normalisation ne s’appuie pas seulement sur la publication de spécifications détaillées, pour diffuser et partager les éléments de représentation : elle repose également sur un système pyramidal complexe, mais cohérent, de (méta) modélisation.

 

PyramideModélisation

 

La pyramide de modélisation de l’OMG

 

La largeur de chaque niveau est proportionnelle à son nombre d’occurrences. En fait, le nombre d’occurrences se réduit de façon drastique quand le niveau augmente.

 

Niveau M0 : C’est le monde réel (ou imaginé), constitué d’instances qui doivent être représentées par le modèle de niveau 1. Si l’on veut représenter les êtres humains, cela fera plus de 7 milliards d’instances.

 

Niveau M1 : C’est le modèle que nous connaissons tous. Ce modèle représente généralement une partie du monde réel, par exemple, un diagramme de collaboration BPMN qui représente un processus métier. Ce modèle peut également représenter un système qui n’existe pas encore). Il existe sans doute dans le monde entier des centaines de milliers de modèles.

 

Niveau M2 : Le méta-modèle est beaucoup moins connu. Les modèles utilisant un langage ou une notation normalisée respectent généralement un méta-modèle. Tous les langages et notations de l’OMG – Object Management Group – notamment sont fournis avec un méta-modèle. Par exemple, celui de la notation BPMN. Ce méta-modèle est surtout utilisé par les éditeurs de logiciel. Il existe plusieurs dizaines de méta-modèles.

 

Niveau M3 : Le méta-méta-modèle est encore moins connu. Il fixe les règles de représentation des méta-modèles. Il existe très peu de méta-méta-modèles : je n’en connais que deux Ecore et MOF.

 

Pas de niveau M4 : A nos lecteurs qui seraient taraudés par l’idée qu’un méta-méta-méta-modèle (oui, je compte le nombre de « méta » sur mes doigts) serait sans doute nécessaire pour fixer les règles de représentation des méta-méta-modèles, soyez rassurés ! En effet, les méta-méta-modèles possèdent une caractéristique appelée méta-circularité, qui leur permet de se définir eux-mêmes. « Seulement » 4 niveaux numérotés de 0 à 3, donc.

 

Pas de méta-modèles dans les applications de dessin

 

Vous pouvez réaliser un diagramme de collaboration BPMN avec l’application Microsoft PowerPoint (vous trouverez quelques formes simples dans la section Organigrammes), mais vous serez rarement certain que votre modèle BPMN est conforme au méta-modèle. En effet, PowerPoint est, pour la partie graphique, une simple application de dessin qui vous permet d’agencer puis de relier les symboles BPMN n’importe comment. Parmi les applications Microsoft, il vaudra mieux utiliser Visio Professionnel pour réaliser des diagrammes BPMN sérieux, car validés par le méta-modèle BPMN.

 

Utilisation du méta-modèle

 

Les vraies applications de modélisation utilisent le méta-modèle de deux façons différentes :

 

  • En temps réel, pour déduire automatiquement la nature de certains éléments de modélisation. Ainsi, avec un outil de modélisation BPMN, quand on relie deux tâches, la connexion se fera automatiquement avec un flux de séquence (trait plein) si ces deux tâches sont dans le même pool ou bien avec un flux de message (trait pointillé), si ces deux tâches sont dans deux pools différents,

 

  • A postériori, pour valider le modèle avec le méta-modèle. La plupart des outils de modélisation BPMN disposent d’une fonction de validation du modèle et il est fortement conseillé de l’utiliser, afin de ne partager que des modèles valides, ce qui contribue grandement à la compréhension et à la diffusion d’un langage ou d’une notation normalisée.

 

Bonnes pratiques

 

Certains outils vont plus loin que la validation avec le méta-modèle. Signavio Process Manager par exemple peut vérifier également si les bonnes pratiques sont bien appliquées, en l’occurrence celles définies dans le livre de référence de Bruce Silver : BPMN method and style: with BPMN implementer’s guide (2. edition), Cody-Cassidy Press (2011).

 

Le sens critique des utilisateurs humains est toutefois toujours nécessaire pour peaufiner la modélisation. Par exemple, il est recommandé que chaque tâche soit renseignée avec un verbe d’action, suivi d’un complément d’objet direct (Exemple : Préparer commande). Le validateur contrôle que chaque tâche est renseignée (c.-à-d. non vide), mais n’effectue pas une analyse syntaxique du contenu.

 

Validation BPMN avec Camunda Modeler

 

Camunda Modeler, outil gratuit et largement utilisé, dont nous apprécions la facilité d’installation, même quand on ne dispose pas des droits Administrateur sur son PC, ne dispose pourtant pas d’une fonction de validation. Les utilisateurs motivés pourront remédier à cette lacune en installant le module d’extension Linter.

 

Il convient, en plus du Camunda Modeler, d’installer git et node.js, puis à partir du sous-répertoire ..\camunda-modeler\resources\plugins\, de lancer la commande suivante pour installer ce module :

npx degit github:camunda/camunda-modeler-linter-plugin camunda-modeler-linter-plugin

 

Dans le menu Plugins de Camunda Modeler, il suffit d’activer BPMN Linter qui effectue la validation en temps réel. Les erreurs les plus courantes sont alors aussitôt signalées et affichées directement sur l’élément concerné. Mais il est parfois préférable d’attendre la fin de la modélisation (on peut désactiver provisoirement BPMN Linter).

 

BPMN_KO

 

BPMN_OK

Diagramme de collaboration BPMN réalisé avec Camunda Modeler et le plugin Linter

 

Conclusion

 

Ce principe général de méta-modélisation, illustré dans cet article avec la notation BPMN, s’applique à d’autres notations et langages, notamment UML. Pour passer facilement de la théorie à la pratique, il suffit d’avoir un outil de modélisation adapté, qui va masquer la complexité du méta-modèle, grâce à sa fonction de validation des diagrammes notamment.

 

Thierry BIARD

 

“Il importe en peinture, que le portrait ressemble au modèle, mais non pas le modèle au portrait.” (Paul-Jean Toulet)
(Note de Thierry Biard : Il est amusant de noter qu’en peinture, sculpture et photographie, le modèle est le personnage du monde réel lui-même et non sa représentation – le portrait)

 

Compléments de lecture

MOF - ECORE - MDA

Métamodèle TOGAF - ArchiMate

Application des métamodèles

Les critères d'un bon modèle

   


01/06/2022
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Archi (archimatetool) : essai et analyse de cet outil ArchiMate français gratuit sous Windows, Linux et Mac OS

Archi est souvent utilisé par les consultants architectes d’entreprise pour modéliser les vues et points de vue ArchiMate. Open source, simple, conforme au standard TOGAF de l’Open Group, mais peut-il être l'outil de référence pour toute une équipe ? La réponse dans notre essai.

02-montmorency-chateau-de-la-chasse

 

Architecture humaine ou architecture forestière

 

Mise en œuvre

Nous aurions pu faire l’économie de rédiger ce chapitre tellement l’installation est un modèle du genre. Notre projet est de tester les outils open source de modélisation d’Architecture d’Entreprise, nous avons donc choisi la version Linux (https://www.archimatetool.com/download/ puis Linux 64-bit).

 

On est agréablement surpris de ne pas avoir un long formulaire demandant nos coordonnées. Le téléchargement de l’archive (Archi-Linux64-4.9.3.tgz de taille 137 MB) ne prend que quelques secondes ainsi que son extraction.

Dans le répertoire “Archi” créé, on double clique sur Archi et l’application se lance presque instantanément.

Il en va de même pour Mac OS et Windows, pour lequel on vous conseille la version “Windows 64-bit Portable Zip” toujours moins intrusive que “Windows 64-bit Installer”. 

A quand l’installation par la parole ?

 

Sur la page d’accueil, il est dit qu'Archi est développé en Java et est basé sur Eclipse Rich Client Platform.

Si vous êtes comme moi et que vous lisez les médias à sensation, il ne vous aura pas échappé que les logiciels développés en Java ont potentiellement une vulnérabilité due à Log4J.

D’après notre enquête, l’équipe de développement assure qu'Archi n’utilise pas cette librairie. 

 

Un bon point donc pour l’installation

 

Les fonctionnalités exotiques

Une fois n’est pas coutume, commençons par les fonctionnalités sortant de l’ordinaire.

 

La vue Brouillon (Sketch View)

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D’après la documentation (en anglais), un modèle d’utilisabilité, la vue Sketch est une fonctionnalité expérimentale d'Archi. 

 

La spécification ArchiMate définit un point de vue servant de document de travail, comme le serait un brouillon. Pour cela, ArchiMate a décrit une notation simplifiée, sous-ensemble complet du langage. Très utile pour ne pas investir dans les cartographies, lorsqu’on démarre la conception à grosses mailles d’une trajectoire, quand on n'a pas besoin d’exhaustivité et qu’on s’adresse à des parties prenantes non familières avec les concepts de l’Architecture d’Entreprise. 

 

Une des critiques les plus souvent formulées à propos d’ArchiMate est le nombre important de différents types de relations et leurs règles d’application. Ici, toutes les relations sont indiquées par des lignes simples sauf "déclenchement" et "réalisation" représentés par une flèche.

 

C’est le principe du brainstorming, basé sur la création d’un groupe de travail allant jusqu’à 10 personnes, avec un facilitateur qui recueille les idées. Nous avions abordé cette technique pour les processus métier modélisés en BPMN, lire nos articles : Comment identifier, simuler, améliorer et modéliser les processus métiers ? et Comment mettre en place un jeux de rôles pour modéliser un processus métier ?

 

Business Model Canvas.

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Business Model Canvas d'un site d'eCommerce

 

La première démarche de transformation digitale démarre par la phase d’engagement, déclenchée par l'événement correspondant à l’identification d’une opportunité client. L’objectif est d’améliorer le métier grâce à un processus de transformation de l’organisation. Les architectes d’entreprise, souvent d’anciens architectes logiciel, doivent de nos jours, se focaliser sur l’évolution et la transformation au niveau du métier, et non plus au niveau des technologies ou du SI.

Si l’architecte est interne à l’organisation, il établit sa propre crédibilité personnelle avec le métier et les parties prenantes, il doit montrer la valeur de la démarche d’architecture accompagnée de sa méthode. S’il est consultant externe, il doit démontrer sa crédibilité ainsi que celle de la société qu’il représente.

La première étape de cette phase d’engagement est d’établir la vue des besoins métier et formuler les perspectives. La technique Business Model Canvas aide à formaliser cet objectif. Elle présente la manière dont une organisation crée de la valeur et se l’approprie. Archi l’a intégré sous forme d'extension similaire à la fonctionnalité Sketch View. 

Petite amélioration souhaitable, les Post-its devraient avoir une taille suffisante pour afficher la totalité du libellé pour qu’on ne soit pas obligé de les redimensionner manuellement.

 

ArchiMate

Validation des modèles et même des conseils !

Archi propose tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un tel outil. 

A la création d’un nouveau modèle, les dossiers sont classés dans l’ordre de la spécification ArchiMate (Strategy, Business, Application, Technology & Physical, Motivation, Implementation & Migration et Views).

 

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Exemple d'une Vue ArchiMate avec l'onglet Validator montrant les "avertissements, erreurs et conseils"

 

Archi valide les vues. Par exemple, les éléments et relations non utilisés s’afficheront sous forme de warnings dans la fenêtre Validator ainsi que les erreurs. Des conseils (Advice) sont même proposés. Ici, nous avons copié/collé tous les éléments d’une vue dans une autre et avons renommé la cible “Supervision métier view”, puis nous avons supprimé la source. Nous trouvons étrange que soit affiché : Advice - 'Supervision métier View' is empty, alors qu’elle ne l’est pas, voir le modèle dans le paragraphe suivant.

 

Référentiel et Traçabilité

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Les liens et la traçabilité d’un élément avec d’autres vues s’affichent dans la fenêtre Visualiser.

 

L'aide indispensable pour les débutants et même pour les autres

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Quand on sélectionne un élément de modélisation, une explication très pédagogique avec des exemples s’affiche dans la fenêtre hints.

 

L’outil contrôle les règles d’affectation des relations et propose le Magic Connector qui affiche uniquement les liens possibles en fonction du type des éléments à relier. Plus qu’un gadget, nous avons trouvé cela indispensable.

 

Les rapports

Il est possible de :

  • générer des rapports en HTML
  • d’exporter les modèles en CSV 
  • d’importer des données CSV dans un modèle
  • exporter et importer dans le format d’échange Open Group

 

Les antisèches et la documentation

 

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Pour ceux qui ont du mal avec la multitude de types de relations ArchiMate, vous pouvez afficher toutes les règles pour relier deux artefacts de modélisation avec les liens valides selon la spécification.

 

 

09-archi-archimatetools-test-aides

 

La documentation en anglais est parfaitement utilisable et amplement suffisante.

 

Conclusion

 

Force est de constater qu'Achi conviendra parfaitement au consultant pour des missions ponctuelles. L'absence de mode collaboratif finalisé, nécessitant des installations locales aussi simples soient-elles, prive Archi de pouvoir être utilisé dans une équipe d'architectes d'entreprise.

Alors que Modelio, son concurrent direct comme outil open source de modélisation pour l’Architecture d’Entreprise, est en français, supporte en plus d’ArchiMate, BPMN, UML, SysML, MDA avec un référentiel commun et fourni une étude de cas pédagogique, Archi n’intègre qu’ArchiMate et donc n’est pas archi complet.

 

Note : 3/5 

Nous regrettons :

- Pas d’internationalisation, tout est dans la langue de Shakespeare.

- N’inclut pas les normes : BPMN, DMN, UML

- A quand un relooking dans une interface plus tendance et plus jolie, comme Electron utilisée par exemple par l’open source Visual Studio Code de Microsoft, fonctionnant aussi sur tous les OS (Linux, Mac OS et Windows).

- Pas de cas de démonstration pédagogique 

- Pas vraiment de mode collaboratif bien qu’il y ait un plugin : “coArchi – Model Collaboration for Archi” toujours en cours de développement (Version 0.8.3)

 

Nous aimons :

+ Les explications pédagogiques pour chaque élément

+ La validation et les conseils

+ La traçabilité

+ Les aides notamment sur les relations avec le Magic Connector et le tableau synoptique sur toutes les règles d’utilisation des relations suivant la spécification ArchiMate

+ La conformité avec la dernière version de la spécification ArchiMate

 

10-archi-archimatetools-test-plugin-lightbox 

+ Les plugins notamment le “Lightbox for Archi – a Gallery of ArchiMate Views” 

 

 

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Rhona Maxwel

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@rhona_helena

 

“La vie a besoin d’illusions, c'est-à-dire des non-vérités tenues pour des vérités.” Friedrich Nietzsche 

 

Compléments de lecture

Outils de Modélisation et comparatifs

 

 

 

ArchiMate

 


12/05/2022
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Exemple de méthode d’Architecture d’Entreprise d’un grand cabinet de conseil : EAM Enterprise Architecture Management de McKinsey

L’Enterprise Architecture Management (EAM) de McKinsey est une méthode pour gérer l’alignement de l’architecture informatique avec les besoins métier. L’EAM s’appuie sur un modèle en six couches, regroupées en trois domaines : le business model, le panorama applicatif et l’infrastructure.

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Le modèle en 6 couches de l’Enterprise Architecture Management (Source McKinsey)

 

McKinsey et la réduction des coûts

McKinsey est un cabinet de conseil qui met son expérience, ses connaissances, ses méthodes et ses outils à la disposition de son réseau mondial, tout en développant des solutions originales et créatives, adaptées à chaque situation particulière, au service des intérêts de ses clients afin de définir et de mettre en œuvre une vision intégrée du changement.

 

McKinsey est mondialement connu pour ses préconisations en stratégie et plus particulièrement en méthode de réduction des coûts. Nous allons voir dans cet article que cette approche est évidemment bien intégrée dans sa méthode d’Architecture d’Entreprise.

 

Un peu de révision

L'architecture informatique (IT) d'une entreprise est une description formelle de ses applications et des données qui les prennent en charge, ainsi que des équipements et des services qui exécutent ces applications.

 

Le modèle d’Architecture d’Entreprise spécifie une solution alignée prenant en compte aussi bien l’humain que les processus, la technologie et la culture de l’entreprise, en répondant aux exigences de la transformation digitale.

 

L’un des enjeux de l'Architecture d’Entreprise est de simplifier la représentation du système, jugé complexe, de l’entreprise, afin de la rendre plus agile. 

 

Les applications sont généralement conçues et déployées pour répondre aux besoins d'une division ou d'une unité commerciale, sans tenir compte de l'impact sur l'architecture informatique globale d'une entreprise.

 

Les grandes entreprises possèdent un patrimoine informatique important et hétérogène, où du matériel, des applications et des processus incompatibles et souvent redondants, se multiplient d'année en année, dans tous les recoins de l'organisation, en réponse à des besoins spécifiques à court terme.

 

Pour créer une architecture informatique efficace, la DG doit créer un groupe de travail métier-informatique de haut niveau, qui assure la gouvernance et la responsabilité inter-organisationnelles. Les principales responsabilités de cette équipe sont d'examiner l'architecture informatique existante et de créer une base de référence pour la nouvelle initiative, de définir un processus garantissant que les systèmes et les projets seront conformes à l'architecture souhaitée, et d'identifier les opportunités à court, moyen et long termes pour des économies et des améliorations.

 

L'équipe doit inclure tous les groupes de parties prenantes clés, avec des représentants à un niveau suffisamment élevé pour prendre des décisions stratégiques.

 

Une transformation en 3 coups de baguette magique

Une approche en trois phases de la transformation digitale permet de minimiser les interruptions de l'activité de l’entreprise.

 

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Les 3 étapes de la méthode "Enterprise Architecture Management" (Source McKinsey)

 

Première phase : le grand nettoyage de printemps

 

mckinsey-enterprise-architecture-management-nettoyage

 

Décommissionnement d'applications et réduction de la complexité (Source McKinsey) 

 

Dans la première phase, la tâche pour le département d’Architecture d’Entreprise est d'identifier des cibles évidentes et de générer des gains rapides, grâce à des réductions de coûts qui contribuent à créer une dynamique pour des initiatives plus importantes. Comme pour un particulier ayant contracté des abonnements à des médias qu’il n’utilise plus, l’entreprise doit résilier les services et les licences dont elle n’a plus besoin.

 

Concernant les projets en cours, ceux qui apportent peu de valeur métier, on annule les non-conformes à la stratégie IT et l'on retarde ceux qui le sont. On doit repenser ceux qui sont liés aux objectifs majeurs métier, mais qui ne sont pas en adéquation avec la road map IT et continuer ceux qui la suivent. 

 

Les applications peu ou jamais utilisées doivent être décommissionnées. Différentes approches peuvent être nécessaires : en fonction de l'utilisation et des besoins, certaines peuvent être retirées immédiatement, d'autres remplacées par de nouvelles applications, et d'autres encore supprimées progressivement.

 

L'entreprise doit se concentrer sur les violations potentielles de l'architecture informatique au début de tout projet informatique ou lors de la sortie d'une nouvelle application. La nouvelle approche, qui consiste à évaluer les implications globales des violations, y compris leur éventuel coût supplémentaire, permet à l'entreprise de prendre en charge rapidement les nouvelles exigences métier, mais nécessite que toutes les violations qu'elles créent soient corrigées dans une phase ultérieure. L'entreprise peut donc évaluer les compromis coûts/avantages métier et informatique dans chaque cas, avant d'aller de l'avant avec les projets.

 

Deuxième phase : démêler les spaghettis

Réduire la complexité : la cellule d’Architecture d’Entreprise doit tout mettre en œuvre afin de simplifier l'ensemble de l'architecture informatique. Plus ambitieuse, cette étape est primordiale pour enrayer la multiplication des développements des applications sur mesure et pour initier une gouvernance pour la réalisation des objectifs d’architecture. Plutôt que d'essayer d’optimiser des éléments de la configuration informatique existante, il faut décider prioritairement s’ils sont vraiment indispensables. Une bonne pratique est de privilégier des systèmes prêts à l'emploi plus simples et la réutilisation de composants existants, qui peuvent répondre aux besoins de l'entreprise. 

 

Privilégier les solutions sur étagère

Des projets stratégiques entièrement développés sur mesure échouent à cause d’une sous-évaluation de la difficulté technique de réalisation. En effet, trop de projets adoptent la personnalisation comme première, option plutôt que comme dernière option.

 

Une entreprise ne peut pas faire en sorte que toutes ses unités métier adoptent immédiatement des applications standard et totalement non personnalisées, mais compte tenu des ressources limitées, l’entreprise devrait exiger des solutions prêtes à l'emploi dans la grande majorité des cas, permettant la personnalisation uniquement lorsque cela est absolument nécessaire, pour répondre aux exigences légales ou pour fournir des avantages concurrentiels significatifs.

Par exemple, les fonctions de support telles que la finance, la comptabilité, les ressources humaines et les achats, qui ne jouent généralement pas un rôle en concurrence directe avec d'autres entreprises, sont des candidats de choix pour réaliser des économies dans cette phase. 

 

Ne pas réinventer la roue

Trop d'entreprises dépensent de précieuses ressources informatiques pour réinventer la roue. Un examen sérieux du portefeuille de projets existant permettra probablement de découvrir un certain nombre d'opportunités, de réutiliser les solutions existantes et de créer un référentiel commun de services et de solutions.

 

Le passage à une architecture micro-services, qui décrit un système en termes de fonctionnalités métier dont il a besoin et la manière uniforme d'y accéder et d'interagir avec elles sous forme d’API (Application Programming Interface), est un élément important de cette évolution.

 

Standardiser les technologies

Dans de nombreuses entreprises, la grande diversité des technologies, y compris les langages de programmation, des systèmes d'exploitation et des outils d'intégration, nuit à l’efficience. Un examen attentif mettra en évidence les versions redondantes, les technologies non prises en charge et les outils non standard, qui devraient céder la place à des systèmes moins nombreux et plus universels. Les économies de coûts proviennent d'un approvisionnement plus simple et consolidé, ainsi que d'une diminution des dépenses d'assistance et de maintenance.

 

Supprimer la tour de Babel entre applications

Une équipe informatique peut consacrer une bonne partie de son temps à développer des interfaces de communications entre applications. Par exemple, une solution telle qu’un bus de services d'entreprise (ESB) peut améliorer l'intégration du système et minimiser la gestion fastidieuse des modifications locales.

 

Factoriser les systèmes qui font des traitements similaires

Différentes unités métier d'une même entreprise ont souvent leurs propres versions de systèmes fondamentaux, tels que les plateformes d'e-commerce. La conception d’une surcouche générique abstraite de ces systèmes au niveau de l'entreprise peut apporter des économies substantielles et rendre les processus plus simples et plus efficaces.

 

Certaines de ces opportunités de réduction des coûts nécessiteront des investissements, et chacune d'entre elles exigera une analyse de rentabilité solide.

 

Toutes ces bonnes pratiques ne montreront pas forcément un ROI positif. Ce qui importe, c’est que les responsables prouvent la plus-value métier de chacun de leurs projets. En moyenne on peut escompter un ROI de plus de 50 %, une réduction du time to market d'au moins 30 % et des avantages organisationnels notables, comme un meilleur alignement entre l'entreprise et l'informatique.

 

Troisième phase : disrupter le métier

En temps de crise, les entreprises doivent envisager de se transformer, voire de se réinventer complètement. L'informatique peut jouer un rôle central dans la mise en œuvre de grands changements, dans leur mode de fonctionnement et de mise sur le marché de produits ou de services. Les entreprises doivent envisager de changer leur informatique de manière plus radicale de manière à stimuler ou soutenir l'innovation stratégique et des domaines de croissance fondamentalement nouveaux. 

 

Évaluer des modèles de fonctionnement alternatifs

Un examen complet de la chaîne de valeur informatique doit identifier le niveau d'approvisionnement, d'harmonisation, de consolidation, de gouvernance et d'activation informatique nécessaires pour chaque capacité métier essentielle. Cet examen peut conduire à un nouveau modèle de plan directeur et d'architecture plus efficace pour l'informatique.

 

Par exemple, la gestion et la minimisation des risques, qui sont particulièrement importantes en période de ralentissement, dépendent fortement de l'obtention des bonnes données de l'ensemble de l'entreprise pour soutenir la prise de décision. Les responsables métier et informatique doivent travailler de concert pour concevoir le modèle de données qui favorisera les processus de décision les plus efficients.

 

Façonner l'avenir

Les chefs d'entreprise doivent travailler en étroite collaboration avec le service informatique pour explorer les investissements dans un large éventail de technologies émergentes, qui prennent en charge de nouvelles méthodes de travail, comme la gestion basée sur l’Intelligence Artificielle. 

 

Les déclencheurs de cette approche plus ambitieuse de la transformation architecturale peuvent varier d'une entreprise à l'autre. Pour une mutuelle par exemple, il s'agissait d'une fusion qui la propulsait dans le haut du classement de son secteur. Malgré cela, il était difficile de se maintenir avec deux modèles de fonctionnement différents reposant sur des systèmes d'information archaïques.

 

Après avoir défini un nouveau modèle opérationnel global intégré pour les assurés, les prestations, les cotisations, la gestion du cycle de vie des produits et les services antifraude, la mutuelle l'a mis en œuvre avec une architecture informatique rationalisée. L'impact a été considérable. Parmi de nombreux autres avantages, elle a réduit le temps nécessaire pour répondre à des appels d'offres pour les différentes branches professionnelles.

 

Conclusion

Au sein d’une entreprise, il peut y avoir beaucoup de gâchis.

L’EAM de McKinsey impose la recherche puis la suppression des contrats, licences et services qui ne servent plus et qui sont oubliés depuis bien longtemps. 

Les équipes projet doivent penser réutilisabilité ou progiciels du commerce, avant de se lancer dans des développements spécifiques très risqués. 

L’innovation doit être facilitée, grâce notamment à une collaboration étroite entre la DG, les responsables métier et informatique. 

Pour survivre aux disruptions, tout le monde sait qu’il faut une plus grande flexibilité, des délais de mise sur le marché plus rapides, des processus métier plus efficients. Un bon moyen d’y parvenir est de mettre de côté les méthodes du passé trop rigides et d'innover avec des méthodes en perpétuelle évolution. 

Cela a conduit les cabinets de conseils comme McKinsey, les ESN comme Capgemini (avec son IAF - Integrated Architecture Framework), ainsi que les grandes organisations à créer leur propre méthode d'Architecture d'Entreprise.

 

Une idée : pourquoi ne pas opérer des fusions, comme dans ce domaine des méthodes agiles avec Scrumban, en prenant ce que chacune a de meilleur ? Alors, à quand TOGEAM ?

 

 

 

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Rhona Maxwel

urbanisation-si.com

@rhona_helena

 

 

“Durant 30 ans, en Italie, ils ont eu les Borgia, la guerre civile et la terreur. 

Cela a produit Michel-Ange, Léonard de Vinci et la Renaissance. 

En Suisse, ils ont eu cinq siècles de paix et de fraternité et qu’est-ce que ça a donné ? 

La pendule à coucou ! ”

Jean-Christophe Grangé

 

 

Compléments de lecture

 


05/05/2022
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WinDesign : essai et analyse de la version d’évaluation, ce logiciel français est-il un bon outil pour l’Architecture d’Entreprise ?

La série "est-il un bon outil de modélisation" se poursuit avec WinDesign : ce logiciel français est-il la bonne solution pour la modélisation d’Architecture d’Entreprise ?
Y gagnerez-vous en qualité de conception ? La réponse dans notre test.

win-design-test-evaluation-01-bis

WinDesign édité par CECIMA, une société française de consulting spécialisée dans l’Ingénierie des SI (https://www.win-design.com/

 

Pour nos tests d'outils pour l’Architecture d’Entreprise, nous avions pris le parti de ne pas traiter les outils commerciaux stars des grands cabinets de conseil comme Gartner (Magic Quadrants) ou Forrester (Waves) et de nous concentrer exclusivement sur le monde open source. Notre objectif étant de conseiller des outils efficients et gratuits aux étudiants et aux enseignants.

 

Vous avez été nombreux à suivre nos évaluations sur ADOIT:CE (ADOIT:CE pour la gestion de l’Architecture d’Entreprise), Modelio (Essai et évaluation de Modelio : est-il un bon outil de modélisation ?), et Visual Paradigm (Visual Paradigm : l’eldorado du consultant en quête de présentations dorées, mais est-il un bon outil de modélisation pour l’architecte d’entreprise, voici notre test).

 

En attendant le prochain test consacré à Archi (https://www.archimatetool.com/), et comme nous voulons aussi encourager les éditeurs français, nous ferons une exception en consacrant ce test à une version d’évaluation de Win Design, nécessitant ensuite une licence payante.

  

Installation

Vous avez le choix entre une version Windowsienne et une version Windowsienne, pas de version cloud, comme ADOIT:CE de BOC Group par exemple. Juste pour voir, nous avons fait un essai sous Linux avec WINE (Wine Is Not an Emulator), WinDesign reste utilisable, avec parfois quelques désagréments d’affichage.

 

Après avoir rempli un formulaire, WinDesign s’installe en téléchargeant un exécutable Windows : “WinDesign1900.exe” à partir du site : https://www.win-design.com/demande-telechargement-windesign/. Nous vous conseillons de l’installer dans votre “home directory” et non pas dans les “Program Files” de Windows. Bravo pour l'installation simplissime.

 

Look

Bien sûr, le look ne fait pas le logiciel, mais si l’on regarde la plupart des outils récents, on constate des thèmes tendances empruntés aux réseaux sociaux ou aux nouvelles plateformes et basés sur les moteurs innovants de rendus web. Les derniers outils Microsoft open source comme Visual Studio Code, utilisant le moteur Electron architecturé sur Node.JS, offrent un super look dans l'air du temps procurant une excellente expérience utilisateur. 

 

Avec l’écran d’accueil, on sait au premier coup d'œil que l’on est dans une “User Interface / User eXperience” Windows classique, mais très soignée. Par exemple des bulles de texte détaillant la signification des objets, apparaissent systématiquement au survol de la souris.

 

win-design-test-evaluation-assistant-demarrage-02

Bien vu cet assistant qui nous accueille pour partir à la découverte de WinDesign. 

 

Un assistant de démarrage permet de rentrer rapidement dans les fonctionnalités du produit.

L’option Découvrir WinDesign donne accès à la documentation et des exemples de modélisation qui sont les bienvenus.

 

Documentation utilisateur

Le clic sur “Manuels utilisateur” ne donne rien. Le lien sur le site de WinDesign “https://documentation.win-design.com/” nous apprend que pour accéder à la documentation utilisateur, on doit être détenteur d’une licence d’utilisation. 

 

Les notes techniques sont disponibles. Pour le travail collaboratif, il est possible d’installer une version réseau consistant à installer un serveur qui contiendra les données communes.

 

Pour les débutants dans l’Urbanisation du SI, la documentation “WinDesign - Découpage Modélothéque” donne en 15 pages de précieux conseils et de bonnes pratiques de modélisation en suivant les 4 couches standards métier, fonctionnel, applicatif, technique, et les 3 niveaux de décomposition zone, quartier, bloc.

 

Concepts de fonctionnement

Modélothéque

Nous apprécions tout particulièrement la “Modélothéque” de WinDesign, ensemble de fichiers indépendants, stockant des modèles de différentes couches (Stratégie, Métier, Application, Technologie & Infrastructure, Motivation, Implémentation & Migration…). Cette autonomie rend la collaboration de plusieurs utilisateurs possible.

 

Un espace de travail rassemble des modèles pouvant être cités dans d’autres espaces de travail. Il s’agit d’un cadre de travail regroupant des fichiers de la Modélothéque. 

Le référentiel d’objets est constitué par l’ensemble des dictionnaires de chaque modèle de l’espace de travail.

 

Attention à bien définir au départ son arborescence de répertoires. Gare aux déplacements manuels de fichier sous Windows qui vont produire dans l’espace de travail des liens morts à cause des chemins non mis à jour. 

 

WinDesign suggère de séparer les modélisations par point de vue : 

  • Organisation
  • Métier
  • Urbanisation
  • Risque, RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données)
  • Fonctionnel
  • Applicatif
  • Technique

 

win-design-test-evaluation-point-de-vue-03

Organisation proposée par WinDesign

 

WinDesign gère les liens interobjets appartenant à des modèles différents. L’unicité d’un objet dans le référentiel est assurée par des relations entre un objet référent mutable et les autres qui lui sont liés, immutables et nommés raccourcis. A tout moment, un raccourci peut devenir référent.

 

win-design-test-decomposition-hierarchique-04

Des liens de décomposition hiérarchique entre macro-processus
et sous-processus peuvent être modélisés.

 

Versioning et travail collaboratif

Point de SCM (Source Control Manager), GitHub ou autre, ici on utilise un système d’archivage propriétaire permettant de comparer les versions archivées, de restaurer une version et de consulter l’historique.

 

En ce qui concerne le travail à plusieurs utilisateurs et le partage de modèles, on définit des droits aux utilisateurs au niveau de WinDesign et au niveau de Windows.

 

Métamodèle propriétaire

WinDesign est un outil qui suit donc les préceptes de Christophe Longépé dans son livre fondateur sur l’Urbanisation du SI (voir notre article : Le projet d'urbanisation du SI de Christophe Longépé), du club Urba-EA (voir notre article : Le condensé de l'ouvrage Urbanisme des SI et Gouvernance du Club Urba-EA, le recueil des retours d’expérience de grandes entreprises) et de la DISIC (Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et de Communication) pour son cadre commun d’Urbanisation du SI de l'État. 

 

WinDesign a donc développé son propre métamodèle d’Urbanisation de SI.

 

win-design-test-meta-modele-bpm-partie1-05

Extrait du métamodèle WinDesign pour l'Urbanisation du SI

 

Pour chaque type de modèle, WinDesign offre toute une série de palettes équivalentes à des toolboxes, sortes de stéréotypes UML, représentant les entités du métamodèle.

 

win-design-test-palette-widgets-14

Palette “Carto-Processus”

 

MML (Meta Model Language)

Ce langage propriétaire (opérateurs, expressions, structures de contrôles, fonctions…) permet de parcourir le métamodèle. Dommage que les modèles soient stockés dans des fichiers en binaire (extension MGA) et non dans un langage pivot XML/XSD qui aurait pu être manipulé avec un moteur de XSL/XSLT. Une autre solution aurait consisté à intégrer un interpréteur de scripting comme Python ou BASH, open source et mondialement utilisé.  

Il existe un requêteur graphique permettant d’élaborer des critères et des conditions complexes, afin de rechercher un objet.

 

Requêtes

La création de requêtes (onglet Requêtes) pour pouvoir analyser le référentiel et les impacts est indispensable.

Le système, basé sur une navigation dans le métamodèle, autorise tout type d’extraction avec formulation de critères, en mode utilisateur, et réutilisation des résultats en particulier pour l’export. Les références croisées (impacts) sont disponibles à tout moment pour un objet et son environnement. Les résultats peuvent être intégrés dans les références croisées de l’objet et/ou présentés sous forme de tableau ou de matrice.

 

win-design-test-requete-liste-des-exigences-25

Requête pour connaître la liste des exigences concernant l’espace de travail

 

Dictionnaire

Un onglet Dictionnaire bien conçu permet à l’utilisateur de visualiser tous les concepts utilisés dans le projet d’urbanisation. La recherche se fait dans l’onglet juxtaposé de Requêtes.

 

Lot de commandes dans un document XML

Afin d’éviter de nombreuses manipulations, il est possible par exemple d’ajouter, de modifier et de supprimer des éléments dans un modèle comme des objets, des relations…

L’idée est intéressante pour l’automatisation de tâches fastidieuses, comme la suppression en nombre d’objets obsolètes ou pour l’ajout d’une propriété à un ensemble d'objets. Dommage que ces possibilités ne soient pas étendues à MDA (Model Driven Architecture) en permettant la transformation de modèle (CIM, PIM, PSM… ; voir notre article : Le meilleur outil pour transformer, dériver, parcourir, requêter sur des modèles afin de mettre en œuvre MDA).

 

RGPD

La documentation intitulée “RGPD : Approche et Méthode WinDesign” propose une méthode pour la mise en conformité vis-à-vis du règlement de vos traitements de Données à Caractère Personnel (DCP).

 

Quand on découvre un nouvel outil de modélisation de type clickodrome, sur quoi cliquer en premier ? Nous délaissons l'assistant de démarrage pour un parcours libre du logiciel. Le traditionnel menu "Fichier" propose d’entrée de jeu l’option “Cas démo : Accueil” : cela à l’air alléchant, on se laisse tenter. 

 

Un démonstrateur emprunté au monde réel :
“La compagnie Risquetout”

Référentiel transverse

Une étude de cas est souvent incluse dans la plupart des outils d’Architecture d’Entreprise commerciaux ou open source, comme Modelio avec sa très fameuse agence de voyages, ADOIT:CE avec carrément une banque. Nous avons fait de même pour concrétiser de nombreux concepts avec le domaine de la prévoyance.

 

WinDesign ne déroge pas à la règle et a choisi l’assurance automobile en proposant les cartographies métier, fonctionnelle, applicative et technique d’une compagnie fictive “Risquetout” : c’est l’exemple pédagogique idéal.

 

WinDesign propose bien plus qu’un simple fil conducteur. En effet, on a l’impression que l'étude de cas proposée est issue directement d'un véritable projet anonymisé avec l'accord du client. Ainsi, l'exemple traitant de l'assurance automobile, modélise dans les moindres détails la démarche d’urbanisation du SI ; même la méthode de mise en conformité du RGPD est fournie.

 

win-design-test-etude-de-cas-assurance-09

La structure suit les 3 modules inclus dans cette version d’évaluation :
Business Process Cartography SI, Data Base MCD-MLD-MPD et Object Design/UML.

 

Nous avons apprécié les nombreuses infographies permettant de présenter des contextes, des angles de vue et des cinématiques de navigation liés à l’affinement des modèles. 

 

win-design-test-referentiel-commun-08

Un référentiel commun pour tous les modules

 

Cartographie Organisation

win-design-test-cartographie-organisation-10

Localisation et structure hiérarchique de la compagnie Risquetout

 

 

win-design-test-implantation-paris-11

Détail de l'implantation en région parisienne

 

 

win-design-test-organigramme-12

Les toolboxes proposent les artefacts organisationnels :
matrice, tableau pour liaison entre objets, rôle, groupe…

 

 

win-design-test-roles-12

Cartographie des rôles et des utilisateurs pour définir
la sécurité en matière d'identification et d'autorisation 

 

 

win-design-test-impacts-13

Exemple de diagramme de traçabilité représentant les liens et mesurant les impacts entre objets

 

Cartographie Métier

L’étude de cas présente donc une structuration classique de la modélisation métier, où l'on retrouve la localisation, les rôles, les matrices des droits, les macro-processus, un 2ème niveau correspondant à un zoom des macro-processus, les entités métiers, une cartographie des risques pour les actuaires pour le calcul des cotisations et des prestations.

 

Il est intéressant de souligner la prise en compte du RGPD, notamment au niveau du module de cartographie Métier et SI. Il permet notamment d'identifier les opérations de traitement nécessitant l'intégration de la protection des données et la contextualisation des usages des données, pour une mise en conformité.

 

win-design-test-arborescence-modélisation-métier-15

Structure des modèles constituant la cartographie métier

 

Architecture Fonctionnelle - Applicative - Technique

WinDesign permet de cartographier avec ses propres éléments de modélisation les différents niveaux du cadre de référence de l’urbanisation du SI.

 

Nous présentons ici seulement la cartographie fonctionnelle, sachant que les cartographies applicatives et techniques suivent les règles standards de projection et de relations entre blocs de l'urbanisme du SI.

 

win-design-test-cartographie-fonctionnelle-17

Exemple : la cartographie fonctionnelle reprend le découpage
en zones, quartiers et blocs du cadre de référence de l'urbanisme du SI 

 

BPMN

WinDesign supporte les principaux types de diagrammes BPMN : Processus privés, Processus public ou Collaboration et Chorégraphies. Le diagramme BPMN de Conversation correspond à une vue particulière du diagramme de Collaboration.

 

Dans la version d’évaluation, nous n’avons pas trouvé de moteur de workflow ou la capacité d’intégration aux écosystèmes de BPM standards du marché comme Camunda, jBPM ou Bonita, pour les processus exécutables, ni de support pour la norme la norme BPSim de simulation (voir notre article : BPSim, la théorie et la pratique de la simulation de processus BPMN)

 

win-design-test-bpmn-16

Extrait du processus modélisé en BPMN : “Gérer une déclaration standard”

 

Les artefacts sont complètement ou partiellement traduits en français (Event Début pour Start Event, Décision pour Gateway…), ce qui peut dérouter au premier abord le modélisateur habitué à la norme de l’OMG.

 

Nous avons quelque peu peiné pour changer le type de “Task” ou “Event Intermédiaire”, alors qu’il faut sélectionner l’élément, puis cliquer sur un pictogramme sans bulle d’aide qui affiche une fenêtre intitulée “Variante de style” dans laquelle on peut choisir le type.

 

Le monde assurantiel fait usage de nombreuses tables de décision et règles servant à déterminer entre autres les cotisations et les prestations. L'OMG a pour cela créé une norme DMN Decision Model and Notation (voir sur ce site la catégorie : DMN)Dommage que WinDesign n'ait pas implémenté cette norme, car l’OMG l’a tout particulièrement associé à BPMN pour expliciter les “Rules Tasks”.  

 

Il existe peu ou pas de règles de syntaxe. En revanche, des contrôles pourront se faire a posteriori via des requêtes (toutes les requêtes peuvent être exécutées en même temps).

 

ArchiMate

Le cas de démonstration de la compagnie d’assurance Risquetout a été réalisé en suivant le cadre de référence de l’urbanisation de SI, en implémentant son propre métamodèle avec ses propres icônes de représentation des artefacts de modélisation graphique.

 

Malheureusement, le même cas n’a pas été repris pour illustrer l’utilisation d’ArchiMate.

 

win-design-test-vue-d-ensemble-archimate-18

Synoptique des artefacts ArchiMate fourni par WinDesign
et issu de l'outil open source Archi et l'Open Group

 

WinDesign implémente bien le métamodèle complet d’ArchiMate et fournit un ensemble de patterns prêt à l’emploi avec explications en français et couvrant toutes les couches.

 

win-design-test-archimate-business-process-with-swimlines-19

Exemple d'un pattern ArchiMate, équivalent d'un processus BPMN avec swimlanes

 

UML

Exemples de diagrammes de séquence et de classe

Quelle version d’UML ? A priori la version 1, car on trouve un diagramme de collaboration qui n’existe plus en UML 2, puisqu’il a été remplacé par le diagramme de communication.

D’autre part, on ne retrouve pas, dans les exemples du diagramme de séquence, les fragments apparus en UML 2 avec les opérateurs (alt, loop, par…), équivalent de structures de contrôles, et qui évitent de faire de nombreuses extensions fastidieuses (extension "pas d’assuré trouvé", "extension pas de contrat trouvé"…)

 

win-design-test-uml-diagramme-de-sequence-20

Scénario nominal de saisie par internet de la déclaration :
diagramme de séquence UML sans fragment "alt"
obligeant à faire d'autres diagrammes pour les alternatives

 

 

win-design-test-uml-diagramme-de-sequence-20bis

Extension du diagramme de séquence précédent : “pas d’assuré trouvé”

 

 

win-design-test-uml-norme-omg-2-5-1-diagramme-de-sequence-21

Extrait de la norme de l'OMG UML 2.5.1 :
Diagramme de séquence avec fragment et l’opérateur alt
équivalent d’une structure de contrôle if.

 

 

win-design-test-uml-diagramme-de-classe-22

Exemple de diagramme de classes

 

Une 2ème étude cas : un site de e-commerce de librairie

A noter que WinDesign fournit une 2ème étude de cas d’un site de e-commerce de libraire.

Puisqu’UML n’est pas une méthode, on reproche souvent aux outils de modélisation de ne pas en proposer. Avec cet exemple, WinDesign illustre les principaux diagrammes UML en présentant une démarche, allant des besoins utilisateurs (Use Cases) jusqu’à l’implémentation en code Microsoft .NET en passant par les classes du domaine, les classes participantes, les classes de conception .NET, le diagramme de séquence, d’activité…

 

ITIL

Le référentiel ITIL (Information Technology Infrastructure Library) a comme périmètre la mise sous contrôle de la production, grâce à l'application des meilleures pratiques et permet de développer l'aspect stratégique des services, ceci dès leur conception jusqu'à leur fonctionnement, en passant par leur mise en place et leur amélioration continue. Les cartes et les synoptiques ITIL sont implémentés et traduits en français. Cette intégration est une aide notable pour faire prendre conscience de l’importance d’une mise en œuvre de la gouvernance des services.  

 

win-design-test-itil-processus-23

Cartographie des processus ITIL 

 

Data Base

WinDesign implémente MERISE, ancienne méthode franco-française d'analyse, de conception et de gestion de projet. Quasiment disparue aujourd’hui, elle était très utilisée dans les années 1970 et 1980 pour l'informatisation massive des organisations, mais n’a pas su évoluer en intégrant notamment le paradigme objet et les nouveaux types d'architectures, malgré des tentatives toutes vouées à l’échec comme Merise/objet ou Merise/2. De nos jours, les méthodes agiles (Scrum, XP...), les bonnes pratiques de conception d'architectures (Domain Driven Design, Architecture Hexagonale) et de développement sont unanimement reconnues.

 

Les nouvelles générations de consultants non formés à MERISE et qui intègrent des entreprises où subsistent encore des applications conçues et documentées avec cette méthode, seront ravis d'apprendre que le cas de démonstration “Risquetout” illustre toutes les étapes de cette méthode : MCD (Modèle Conceptuel des Données), MLD (Modèle Logique des Données), MPD (Modèle Physique des Données)…

 

WinDesign permet de générer les scripts de création pour les bases de données SQL, ainsi que le reverse engineering pour transformer les scripts SQL en MLD.

 

win-design-test-mld-24bis

Exemple de MLD issu de la transformation du MCD du cas de démonstration Risquetout

 

Les produits commerciaux concurrents et situés dans le même segment d'outils que WinDesign, comme par exemple Enterprise Architect de Sparx System (https://sparxsystems.com/), propose ce système de round trip (transformation bidirectionnelle) avec un modèle de diagramme de database anglo-saxon plus universel et permettant de générer les scripts SQL. 

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Exemple de diagramme de database dans Enterprise Architect de Sparx Systems
permettant de générer les scripts SQL

 

Génération de rapports

La production de documents sous différents formats, notamment sous forme de site web avec WinDesign, se fait facilement et rapidement avec possibilité de personnalisation. 

 

Fiabilité, Robustesse et Ergonomie

A noter quelques petits désagréments. Nous avons eu plusieurs fermetures intempestives, lorsqu’on était par exemple en train de modifier le cas de démonstration, peut-être dû à notre version d’évaluation.

 

Côté ergonomie, il serait plus convivial que l’icône zoom arrière soit à côté de celle zoom avant et que l’on ne soit obligé de cliquer sur une liste déroulante, qui en plus part s’afficher avec une taille à peine visible sur un 2ème écran, alors qu’on ne s’y attend pas.

 

Conclusion

Indéniablement, l'urbaniste de SI trouvera avec l'outil WinDesign toutes les fonctionnalités pour cartographier les niveaux métier, fonctionnel, applicatif et technique.

 

Cette version d’évaluation intègre un cas concret extrêmement détaillé traitant de l’assurance automobile, qui devrait intéresser les néophytes en matière d’urbanisation de SI.

 

WinDesign étant produit par la société française CECIMA, il est normal qu'il intègre complètement le cadre de référence français d’urbanisation du SI, voire même l’ancienne méthode franco-française MERISE.

 

Les normes plus récentes de modélisation comme BPMN et UML sont prises en compte. Il en va de même pour ArchiMate, avec l’implémentation de son métamodèle et de nombreux patterns opérationnels fournis.

 

On regrette que l’Architecture d’Entreprise avec un framework comme TOGAF (voir notre article Urbanisation du Système d'Information vs Architecture d'Entreprise) ne soit pas plus présente. Pourquoi ne pas adapter le cas de démonstration de la compagnie Risquetout à TOGAF ?

À n'en pas douter, il n'y a aucun risque.  

 

Note : 3,5/5

Nous regrettons :

- Pas de mode SaaS collaboratif

- Pas de version Mac OS et Linux

- Le cas de démonstration ne porte que sur la cadre de référence de l'Urbanisation du SI,
   mais pas sur l'Architecture d'Entreprise avec TOGAF et ArchiMate

- Son ergonomie un peu désuète

- La version d'évaluation ne permet pas de sauvegarder les modèles

 

Nous aimons :

+ Le cas de démonstration de l'assurance automobile, digne d'un projet de la vraie vie

+ La prise en compte du traitement de la mise en conformité du RGPD

+ Le métamodèle

+ L'outil et le langage de requêtage

+ Le dictionnaire

+ La traçabilité entre les objets

 

 

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Rhona Maxwel

urbanisation-si.com

@rhona_helena

 

Le mélange du vrai et du faux est plus toxique que le faux

Paul Valery

 

Compléments de lecture

 


28/04/2022
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Le condensé de l'ouvrage Urbanisme des SI et Gouvernance du Club Urba-EA, le recueil des retours d’expérience de grandes entreprises

Bien que l’on trouve les thèmes classiques du processus d’urbanisation et les composantes de l’Architecture d’Entreprise dans les frameworks de Zachman et TOGAF, on est ici avant tout dans un recueil de retours d’expériences empruntées à de grandes entreprises, ce qui est assez rare et qui mérite d’être souligné. 

urbanisme-des-si-et-gouvernance-club-urba-ea

 

Les auteurs

Le Club Urba-EA réunit les professionnels des grandes entreprises, en charge de piloter les transformations du Système d’Information (SI) et de l’Architecture d’Entreprise (AE). Au travers de conférences et de groupes de travail, les membres du Club échangent sur des problématiques variées : exigences métier, processus, entreprise numérique, transformation du SI, maîtrise des données (data centric, big data, référentiels…), opportunités technologiques, solutions Cloud, API, intelligence artificielle…

 

L'essentiel

La première partie intitulée “L’essentiel” rappelle le défi des entreprises qui est de se mouvoir dans l’ordre ou risquer le chaos face aux évolutions perpétuelles des règles et des dynamiques de l’économie mondialisée, le changement devient un état permanent.

 

L'urbanisation : un processus permanent

Les différentes dimensions de l'urbanisme de SI

Dans la deuxième partie, les auteurs posent les postulats du processus d’urbanisation du SI. Tout d’abord, la dimension statique constituée d’un modèle en couches verticales ou le niveau inférieur est la réalisation du niveau immédiatement supérieur.

 

urbanisation-du-si-architecture-en-couches 

Les niveaux sémantiques du modèle en couches de l'urbanisation du SI

 

  • La vision métier est axée sur la stratégie, les processus métier et les activités de l’entreprise.
  • La vision fonctionnelle structure en blocs les informations et services nécessaires aux processus métier.
  • La vision applicative informatise les services et les données métier regroupés en applications.
  • Enfin, la vision technique implémente ces logiciels sur l’infrastructure technique répondant au contrat et SLA (Service Level Agreement, règles de gouvernance) de service.

 

La dimension dynamique s’occupe de la prospective visant à définir une cible d’évolution pour le SI (voir notre article : Le rôle de la prospective pour une entreprise innovante et résiliente). 

La modélisation des différentes couches permet de cartographier l’état actuel du SI, ainsi que la cible souhaitée. Cette dimension inclut le caractère opérationnel indispensable pour concrétiser les options d’évolutions en applications.

 

Le néophyte découvrira les macro-processus de l’urbanisation des SI à savoir :

  • les processus opérationnels : planifier les développements des applications en définissant les trajectoires pour l’atteinte des cibles définies, promouvoir les architectures orientées services (SOA), ainsi que les référentiels et le BPM (Business Process Management), contribuer aux phases amont des projets et assurer la gouvernance des règles d’urbanisme,
  • les processus de pilotage : mesurer le degré de maturité de l’urbanisation du SI,
  • les processus de support : les méthodes de cartographies et la formation à la démarche d’urbanisation du SI.

 

L’Architecture d’Entreprise dans le monde anglo-saxon est un “mindset” reposant sur une modélisation globale rassemblant acteurs, motivations, stratégies, organisations, processus métier, données métier, écosystèmes technologiques, infrastructures techniques…

Le champ couvert est plus étendu que l'urbanisation du SI, comme nous l’avons détaillé dans notre article : Urbanisation du Système d'Information vs Architecture d'Entreprise

 

difference-urbanisation-du-si-et-architecture-entreprise 

Périmètre de l'urbanisation du SI par rapport à l'architecture d'entreprise
en considérant le framework de Zachman

 

Société Générale

Plusieurs retours d’expérience concernant l’indice d’urbanisation sont détaillés, notamment celui de la Société Générale. Les principaux critères retenus sont :

  • Connaître le système existant
  • Gérer les référentiels
  • Disposer de cibles d’évolution du SI
  • Maîtriser une construction du SI optimale   
  • Maîtriser la complexité des flux
  • Piloter l’urbanisation du SI et communiquer

Les résultats ont servi à dresser un état des lieux, à établir un diagnostic et à définir deux cibles, une à court terme et une théorique et enfin à élaborer un plan d’action pour tendre vers cette dernière.

 

Renault

Parmi les exemples d’urbanisation des échanges en entreprise étendue, on trouve celui de Renault. Il s’agit de l’urbanisation des échanges en B2B (Business to Business). Une voiture est faite à plus de 60 % de pièces détachées achetées par les constructeurs. Tous les métiers comme l’ingénierie, les achats, la logistique… sont en relation avec des partenaires ou des fournisseurs. Les auteurs détaillent le contexte, les acteurs, la situation initiale et la problématique, les enjeux et les objectifs, la démarche mise en œuvre, les préconisations de l’étude, le déploiement de l’infrastructure d’échange, l’évangélisation des MOA et MOE. 

La démarche d’urbanisation a eu pour effet d’apporter aux directions métier (MOA) une méthode pour réaliser des processus ouverts et aux maîtrises d'œuvre (MOE) des recommandations pour faciliter la réutilisabilité, l’évolutivité et la généricité des applications. Tout échange avec les partenaires se fait à travers le portail fournisseur. La propriété de généricité d’entreprise étendue est remplie avec un seul et même portail pour les employés et fournisseurs qu’il suffit de paramétrer selon des règles appropriées. Les modèles des maquettes conçus par ingénierie assistée par ordinateur sont échangés par un processus formalisé, unique et outillé. Le protocole d’échange “Odette” du monde automobile a été adopté par tous les acteurs. 

Le lecteur trouvera dans cet exemple une démarche et des préconisations générales qui ne sont pas propres à Renault. Il pourra les appliquées aux échanges transverses internes ou aux échanges en B2B d’autres entreprises. 

Un deuxième cas d’usage de la réalisation d’un processus d’urbanisation d’un SI transverse est traité au travers de la filière Risque de la Société Générale. Les apports se traduisent par : une meilleure connaissance et une vue d’ensemble de l’existant, la modélisation des objectifs et processus métier, les architectures fonctionnelles et applicatives comme cadre de référence, une meilleure connaissance des projets de la filière risque dans les branches. 

 

L'urbanisme : composante majeure de la gouvernance
du Système d'Information

Les apports de l'urbanisme de SI à la gouvernance

“On ne peut gouverner que ce que l’on connaît”, tel pourrait être le titre de cette troisième partie consacrée au rôle prépondérant de l’urbanisme dans la gouvernance du SI.

Les objectifs de la gouvernance du SI (voir nos articles : L'urbanisme et la gouvernance du Système d'Information) sont :

  • l’alignement du SI sur la stratégie de l’entreprise
  • l’optimisation de la contribution du SI pour le métier et pour les clients
  • la maîtrise des coûts du SI
  • la réduction des risques liés au SI
  • la fourniture quotidienne aux clients du SI, des niveaux de service qu’ils attendent.

L’urbanisme va permettre le pilotage de l’évolution du SI, la gestion des risques, la maîtrise des coûts et la création de valeur.

 

AXA

Ces apports de l’urbanisme dans la gouvernance du SI sont explorés au travers du retour d’expérience d’AXA France. Après avoir construit une cible fonctionnelle par une approche top-down, l’urbanisme chez AXA s’est concentré sur l’intégration des activités MOA dans le cycle des projets et notamment dans la phase amont. Le processus de gouvernance a permis d’inscrire l’urbanisme le plus en amont possible, permettant aux architectes d’intervenir le plus tôt possible dans les projets.

 

Un référentiel des processus est, alimenté par leurs concepteurs, articulé avec le référentiel applicatif et les fonctions de la cible d’urbanisme, permettant une continuité entre les modèles de processus, fonctionnels et applicatifs.

 

Une meilleure intégration MOA et MOE a permis entre autres l’automatisation des processus.

 

Air France et KLM

L’exemple typique de projet d’urbanisation lors d’une fusion de 2 entreprises est abordé avec le rapprochement d’Air France et de KLM. La démarche a été menée avec pragmatisme en partant de qui est disponible en utilisant une méthode bottom-up. L’urbanisme a permis de structurer le processus de rapprochement des SI des deux compagnies. Une décomposition en domaines métier a été effectuée, la communication entre les équipes a été améliorée grâce aux cartographies fonctionnelles. Une stratégie commune a été définie avec la mise en œuvre de référentiels communs permettant une politique commerciale plus efficace, l’interopérabilité entre applications, la construction de règles et de trajectoires vers des cibles choisies.

Le SI résultant et urbanisé a apporté une amélioration de la lisibilité par le métier, une diminution de la taille des projets grâce à la modularité. 

 

L'urbanisme au cœur des projets

La partie 4, répond aux questions :

  • Quelles sont les interactions entre urbanisme et projets ?
  • Comment intégrer l’urbanisme dans les projets ?
  • Comment l’urbanisme peut-il réduire le coût des projets métier ?

 

La contribution des SI au métier de l’entreprise n’est plus à démontrer, il faut maintenant la développer. 

L’ouvrage énonce les principales règles d’urbanisme, ce qui devrait intéresser le néophyte. Nous en donnons ici quelques exemples :

  • Pour chaque domaine métier, une cartographie des applications existe et est mise à jour par les projets.
  • Un référentiel de données d’entreprise ne doit pas être géré dans une application spécifique opérationnelle.
  • Pour chaque domaine métier, une cible fonctionnelle existe et est validée par le métier.
  • La construction de tout nouveau système applicatif respecte un modèle en n couches.
  • Deux applications relatives à deux activités différentes ne peuvent pas gérer une même donnée en accès CRUD (Create, Read, Update, Delete).
  • Une application métier utilise des services (architecture SOA Service Oriented Architecture de type par exemple microservices, voir nos articles : Architecture Micro-Services et Micro-Services études de cas) pour réaliser les fonctions suivantes : échanges, données référentielles, sécurité, décisionnel, gestion des ressources nécessaires au processus métier.
  • A l’intérieur d’un SI, les échanges de données entre blocs fonctionnels n’appartenant pas au même domaine ne se font pas en point à point, mais passent par des outils d’échange comme l’EAI (Enterprise Application Integration), un bus logiciel ESB (Enterprise Service Bus), l’Event Streaming (voir nos articles : Event Driven Architecture EDA.

 

Les futurs urbanistes de SI apprécieront le chapitre consacré aux fonctions qu'ils auront à remplir et trouveront plusieurs cartographies fonctionnelles comme par exemple celles de la RATP et RTE (filiale d’EDF), entièrement commentées.

 

L'urbanisme créateur de valeur

La cinquième partie explique comment l’urbanisme est un moyen d’accroissement de valeur.

Bien des exemples d’urbanismes réussis sont liés à la prospective. 

Le retour sur investissement (ROI) de l’urbanisme est celui d’une infrastructure caractérisée par un investissement à la création puis par un coût d’entretien.

Au départ des surcoûts apparaissent viennent ensuite les économies que procurent la réduction des études amont, l’anticipation des impacts des autres projets, la réduction du périmètre des projets, la réduction des études, des développements et de la recette, la réutilisabilité de blocs applicatifs et pour finir l’existence de règles permettant aux projets de se concentrer sur les aspects métier. Dès que l’apport de valeur dépasse le cumul des surcoûts, le ROI est atteint.

 

Conclusion

L’ouvrage se termine sur des perspectives à court terme. Les grandes entreprises, dotées de SI de plus en plus complexes, seront confrontées à un environnement réglementaire protéiforme et des contraintes mondialisées, les obligeant à lutter contre l’entropie et à rechercher toujours plus d’agilité.

 

Les urbanistes deviendront les catalyseurs de cohérence, de transversalité et de flexibilité.

Une révolution technique donnera-t-elle enfin l’agilité instantanée tant désirée ?

 

Urbanisme des SI et gouvernance 

Bonnes pratiques de l’architecture d’entreprise

Club URBA-EA

Parution : avril 2010 - 2ème édition

Collection : InfoPro

Editeur : Dunod

 

 

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Rhona Maxwel

urbanisation-si.com

@rhona_helena

 

“Le drame de notre temps, c'est que la bêtise se soit mise à penser.”

Jean Cocteau

 

Compléments de lecture

La médiathèque

Le condensé de l’ouvrage Architecture et transformation de l'entreprise et du SI de Romain Hennion

Rhona Maxwel

Cet ouvrage décrit la méthode d’architecture d’entreprise BATP (Business Architecture Transformation Program) de la société Global Knowledge, qui est une adaptation pratique de TOGAF (The Open Group Architecture Framework) en fonction de leurs nombreux retours d’expérience internationaux.

Urbanisation, SOA et BPM d’Yves Caseau

Rhona Maxwel

Les retours d’expérience d’un Directeur des Systèmes d'Information de grands comptes sont précieux et ne sont pas légion. Le parcours original de l’auteur lui permet d’exposer de manière pédagogique des points de vue de chercheur en architecture distribuée, d’ingénieur d’étude, de consultant en architecture de SI et enfin de DSI pour les aspects opérationnels. Fait assez rare pour ne pas être souligné, on trouve dans cet ouvrage de nombreux exemples concrets tirés de l’expérience à Bouygues Telecom.

Le projet d'urbanisation du SI de Christophe Longépé

Rhona Maxwel

Comment un ouvrage informatique, vieux de plus de 20 ans (la première édition date de 2001, la 4e et dernière édition de 2009), peut-il être toujours d’actualité et considéré comme un livre culte ? 

 

 

Cas concret d’un Système d’Information urbanisé : Mango

 

Dans cette vidéo sous forme de présentation silencieuse de slides, vous découvrirez un exemple pédagogique illustrant les fondamentaux de l’urbanisation du Système d’Information allant même parfois jusqu’à montrer des rapports et des structures de données. 

Cette vidéo très détaillée convient bien à ceux qui recherchent des exemples de la vraie vie.

 

SAFe-DevSecOps-approach

TOGAF : Retour d'expérience sur les phases Migration Planning F, Implementation Governance G et Architecture Change Management H

Laurent Jordi

Parmi les critiques de TOGAF, une qui revient souvent concerne le manque d'exemples détaillés et de cas d'usage démontrant la praticité de ses recommandations. Cette vidéo devrait adoucir ce reproche.

 

Notre série "est-il un bon outil de modélisation"

 

visual-paradigm-diagramme-archimate-architecture-entreprise-hexagonale

 

Visual Paradigm : l’eldorado du consultant en quête de présentations dorées, mais est-il un bon outil de modélisation pour l’architecte d’entreprise, voici notre test

Rhona Maxwel

Cet outil gratuit, en français, en mode SaaS dans le cloud, accessible à partir de nombreux appareils mobiles (iOS, Android…), offre un panorama hétéroclite de modèles de visuels, dont voici une liste à la Prévert : cartes cadeaux, anniversaire, menus, albums photos, tableaux de bord, graphiques statistiques, bande dessinée… et ce qui nous intéresse tout particulièrement les diagrammes ArchiMate, BPMN, et UML. 

 

 

store-modelio-org

 

Essai et évaluation de Modelio : est-il un bon outil de modélisation ?

Rhona Maxwel

Ce test concerne Modelio, le seul outil open source fonctionnant sur Windows, Linux, Mac OS, supportant ArchiMate, TOGAF, BPMN, UML, SysML, MDA et offrant, pour tous ces artefacts de modélisation, un référentiel commun assurant la traçabilité depuis la stratégie jusqu’à la couche technologique. Mais est-il fiable en usage intensif dans les entreprises ou doit-il être plutôt réservé à l’apprentissage de la modélisation ?  

 

 

adoitce

ADOIT:CE pour la gestion de l’Architecture d’Entreprise

Thierry BIARD

Comme le suggère le titre de notre blog, la mise en œuvre de l’Urbanisation du Système d’Information et de l’Architecture d’Entreprise doit se faire avec méthode. Mais sans outil adéquat, l’application d’une méthode s’avère vite laborieuse. Rappelons qu’il s’agit de mettre en place un référentiel d’architecture (généralement stocké dans une base de données) contenant des objets, qui seront ensuite utilisés pour créer des modèles (diagrammes, matrices, listes et rapports). Les articles de notre blog concernant les outils rencontrant généralement un grand succès, en voici un concernant un outil intéressant, et pas seulement parce qu’il est gratuit.

 

 

 

 

ADOIT:CE (compléments d’information)

Thierry BIARD

Voici quelques compléments d’information intéressants qui ont été donnés par l’éditeur BOC Group.

 

PILI, Agilité logicielle, Event Driven Architecture, Architecture Hexagonale et Domain Driven Design

 

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Le PILI était-il un bon modèle ?

Thierry BIARD

En fin d’année 2021, la RATP a mis en vente aux enchères du mobilier réformé, au profit d’une œuvre caritative (belle initiative). Parmi les 215 lots mis en vente figuraient quatre PILI (Panneaux Indicateurs Lumineux d’Itinéraires).

 

 

Agilité logicielle : quelle solution pour diminuer le couplage entre sous-systèmes et obtenir une architecture logicielle agile ?

Rhona Maxwel

Des plus petites aux plus grandes entreprises, le concept de bounded context est aujourd’hui au cœur de la conception d’architecture logicielle, mais se pose l’éternelle question de quelle méthode pour parvenir à un découpage produisant le couplage le plus faible, augmentant ainsi l’évolutivité, l'autonomie et l'agilité.

 

 

Un problème cornélien de l’EDA, Event Driven Architecture, est de s’assurer de l’exactitude sémantique de livraison d’un message, Kafka l’aurait-il résolu ?

Rhona Maxwel

 

Comment gérer l’idempotence de l’envoi d’un même message ?
La non-réception d’un accusé signifie que le broker (serveur de messages asynchrones) n’a pas pu écrire le message et dans ce cas il faut que le producteur l’envoie à nouveau ce qui correspond au mode de livraison “au moins un”. 
Ou bien le broker l’a bien écrit, mais un dysfonctionnement est survenu juste après l'empêchant d’envoyer l’accusé auquel cas le producteur le renverra en double, correspondant au mode de livraison “au plus un”. 
Tel est le dilemme cornélien auquel l’EDA est confrontée. Disruptif, l’open source Kafka tente d’apporter des solutions, y parvient-il réellement ? 

 

 

architecture-hexagonale-uml-archimate- domain-driven-design-ddd

Architecture Hexagonale, un exemple de mise en pratique de la méthode DDD Domain Driven Design

Rhona Maxwel

L'architecture hexagonale (ou encore Ports & Adapters Architecture, ce qui est moins sexy) créée par Alistair Cockburn garantit la réutilisabilité de la logique métier en la rendant agnostique techniquement.

couches-architecture-microservice

Les couches de l'Architecture Microservices et la méthode de conception DDD (Domain Driven Design)

Rhona Maxwel

 

Cet article présente le rôle des différentes couches de l'Architecture Microservices et le lien avec la méthode de conception DDD.

 

 


29/03/2022
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Le rôle de la prospective pour une entreprise innovante et résiliente

“Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu’à inventer” dixit Gaston Berger, l'inventeur du terme prospective. Pour renforcer ses capacités d’innovation, sa résilience et ses processus métier, l'entreprise doit non seulement surveiller le monde qui l’entoure, mais aussi mettre en œuvre des scénarios prospectifs contribuant à établir ses stratégies.

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Démarche transversale en plein essor, la prospective offre une capacité d'analyse qui simule des avenirs possibles sur une question donnée et dans un champ spatio-temporel délimité.

 

Compte tenu de la mouvance d’un monde empli d’incertitudes, la survie d’une entreprise est étroitement liée à sa résilience. Il va s’agir de sa capacité à s’adapter rapidement aux événements néfastes, aux épreuves et aux échecs, tout en maintenant son activité économique, en protégeant son personnel et ses valeurs. Se remettre sur les rails après une situation difficile ne suffit pas, il faudra prendre de la hauteur, appréhender le contexte et lancer une démarche de prospective stratégique de manière à tourner l’entreprise vers l’avenir et à favoriser l’enclenchement d’une innovation de rupture nécessaire à son adaptation et à sa résilience.

 

De quoi parlons-nous exactement ?

Pour éviter toute confusion et pour la clarté de la suite de cet article, commençons par définir des concepts qui semblent similaires, mais en y regardant de plus près, qui présentent bien des différences tout en étant complémentaires.

 

L’anticipation

Terme générique, l’anticipation rassemble les méthodes de prédiction, de prévision et de prospective.

 

La prédiction

La prédiction concerne un futur déjà écrit en extrapolant des connaissances existantes. La méthode est une heuristique basée sur le fait qu’en première approximation le futur présentera des similitudes avec le passé. Par exemple, le Big Data et le Machine Learning permettent d’identifier des corrélations statistiques implicites dans les données, augmentant la somme de connaissances pouvant être extrapolées sur une période future. 

 

La prévision

La prévision concerne les futurs probables, où les scénarios représentent des hypothèses implicites ou explicites sur lesquelles sont basées les projections obtenues par extrapolation et/ou interpolation mathématiques faisant explicitement intervenir la variable temps. 

Prévoir un futur probable consiste alors à recueillir et à interpréter les résultats produits par le modèle en déplaçant la variable temps à une valeur située dans le futur.

Si certaines hypothèses se vérifient avec le temps, on aura des certitudes sur des événements à venir. On pourra alors adopter une posture déterministe en planifiant des actions pour s’y préparer.

 

La projection

Les projections sont des extrapolations de tendances d’un phénomène correspondant à des estimations quantitatives sur des périodes déterminées à venir. Différents outils existent comme l’analyse de séries chronologiques basée sur la modélisation des tendances passées tenant compte d’hypothèses.

 

prospective-projections-analyse-séries-chronologiques-1-2Exemple de projections utilisant l'analyse de série chronologique (https://www.inspq.qc.ca/jasp/accueil)

 

On peut aussi utiliser la microsimulation qui a pour objectif de représenter un système dynamique composé d’entités possédant des propriétés soumises à des événements avec une certaine probabilité de modifier leurs valeurs.

 

La prospective

Se préparer à l'incertitude

Contrairement à la prévision, avec la prospective, on est dans une posture proactive, on se prépare à l’incertitude du futur en produisant des scénarios contrastés (disruptifs, de crises, de mutations, de solutions) pour le décisionnel, le management de l’innovation et le management stratégique.

La démarche prospective se situe en amont de la stratégie dont elle éclaire les choix en balayant un plus long terme, au moins 10 ans. 

En stratégie d’entreprise, la démarche de prospective consiste à réaliser des diagnostics, à élaborer des scénarios nominaux ou alternatifs et à émettre des recommandations. Les étapes de planification des risques et de proposition de visions temporelles vont aider aux décisions stratégiques sur le long terme, réduire les incertitudes face à l’avenir et enfin légitimer les actions entreprises. 

 

L’étude prospective peut être basée sur la veille consistant à identifier les données les plus seyantes sur les changements dans le monde, les mutations émergentes, les ruptures technologiques et l’ensemble des événements futurs pouvant potentiellement avoir des impacts importants.  

 

André-Clément Decouflé, prospectiviste et auteur de nombreux ouvrages, parle de néologisme créé pour définir une méthode d’analyse des problèmes de décisions basée sur les discontinuités introduisant des ruptures de tendances plutôt que de se fonder sur les expériences passées, l’analogie ou l’extrapolation. Le processus de décision doit intégrer une multitude de contextes futurs pour pouvoir intégrer à moindres risques les incertitudes susceptibles d’impacter la pertinence de la solution retenue.

 

Le but de la prospective est de raconter des histoires sur les futurs possibles issus des répercussions des choix présents, autrement dit, d'anticiper de manière la plus efficiente qui soit les évolutions d’une organisation. 

Concrètement, les scénarios prospectifs peuvent être rédigés textuellement ou être basés sur des méthodes formelles comme les matrices des impacts croisés ou la méthode DELPHI.

 

La matrice d'impacts croisés

La matrice d'impacts croisés modélise les influences directes entre des événements (éléments ou variables). Schématiquement, l’impact direct d’un événement ek sur un autre em est représenté par une flèche partant de ek et arrivant à em

 

prospective-graphe-impacts-entre-variablesExemple de graphe montrant les variables impactantes et impactées

 

Pour simplifier, le même poids (égal à l'unité) 1 est attribué à toutes les relations directes existantes ; l'absence de relation entre deux événements est symbolisée par le chiffre zéro. L'examen porte sur les combinaisons deux à deux de tous les événements retenus, il en résulte une matrice booléenne carrée M dont l'élément générique est :

  • ekm = 1 si l'élément ek de la k-ième ligne a une influence directe sur l'élément em de la m-ième colonne.
  • ekm = 0 si l'élément ek de la k-ième ligne n’a pas d’influence directe sur l'élément em de la m-ième colonne.
  • ekk = 0 car ek ne peut s'influencer lui-même, directement.

 

En tenant compte des influences directes, la somme (Σekm ; m-1…) de la ligne k de la matrice M comptabilise le nombre de variables influencées directement par ek : est ainsi mesuré le pouvoir moteur (ou indice d'influence) de ek.

L'indice de dépendance de em se mesure par la somme (Σekm ; k=1…) de la colonne m. C'est le nombre de variables dont em subit directement l’influence.

prospective-matrice-impacts-croises

Exemple de matrice des impacts croisés correspondant au graphe précédent

 

La méthode DELPHI

DELPHI est une méthode systématique qui a été reprise dans la méthode agile Scrum et rebaptisée “planning poker” pour réaliser les estimations des user stories.

La méthode consiste pour une problématique donnée à interroger un groupe d'experts lors de plusieurs tours. À chaque nouveau tour, le questionnaire est enrichi des réponses précédentes.

L'objectif est de mettre en évidence les consensus, mais aussi les divergences. Les consultants doivent expliciter et argumenter leur raisonnement augmentant le résultat en qualité et fiabilité.

 

La méthode des scénarios prospectifs

Michel Godet ancien titulaire de la chaire de prospective stratégique au CNAM, a conceptualisé la métaméthode des scénarios : “La méthode des scénarios vise à construire des représentations des futurs possibles, ainsi que les cheminements qui y conduisent. L’objectif de ces représentations est de mettre en évidence les tendances lourdes et germes de rupture de l’environnement général et concurrentiel de l’organisation.”

Les scénarios n’ont pas besoin d’être probables, mais ils doivent mettre en évidence des marges de manœuvre réalistes pour les acteurs qui désirent construire l’avenir qu’ils ont choisi.

Les innovations technologiques, les conflits, le climat… constituent des hypothèses disruptives contribuant à la conception des scénarios divergeant d’un scénario tendanciel, c’est-à-dire correspondant aux tendances actuelles.

 

La prospective décisionnelle fait intervenir la systémique puisqu’elle implique la comparaison, soit de solutions à efficiences identiques en faisant ressortir la moins chère, soit l’inverse.

Des récits concrets de l’avenir sont conçus en se basant autour des incertitudes principales qui modèlent la trame environnementale future.

 

Un scénario peu probable peut se révéler extrêmement productif en permettant de forcer l’imagination, de stimuler la discussion et d’attirer l’attention d’acteurs spécifiques. Souvent l’imagination et la faculté de représentation faisant défaut, l’approche scénaristique va permettre de concrétiser les futurs possibles. Ainsi les incertitudes, la complexité et les changements de paradigme peuvent être entièrement gérés. Les scénarios offrent une modélisation de situations complexes et virtuelles en les explicitant suffisamment pour, par exemple, des architectes d’entreprise, afin qu’ils puissent les analyser et mesurer les éventuels impacts sur les stratégies. Ces trames constituent de parfaits supports à la projection des acteurs dans un environnement volontairement impacté par d’importants changements. Pour que la représentation du futur soit incitative pour les experts à s’impliquer, il faut qu’elle soit plausible, cohérente et que le raisonnement inductif soit d’une grande rigueur.

 

Les scénarios tendanciels sont des scénarios de référence, ils envisagent l'évolution plausible, ils sont sans surprise. Ils correspondent à une poursuite des tendances actuelles, sans rupture majeure, et intègrent des facteurs de changements déjà connus dont la probabilité est certaine.

Partant de ces scénarios tendanciels, d'autres scénarios lui sont confrontés sur la base d'objectifs à atteindre et/ou de contraintes nouvelles prévisibles.

 

prospective-identification-des-futurs-possibles-1-1Les scénarios des futurs possibles d'après Vincent Enjalbert (https://lecercledesdeveloppeurs.files.wordpress.com)

 

Les scénarios prospectifs exploratoires partent d’une situation connue, initiale, pour explorer progressivement le futur. Les descriptions qui en sont faites, correspondent à des images très contrastées (scénario idéal, scénario catastrophique, scénario alternatif) et permettent d'étudier les processus d'évolution qui conduisent à l'une ou à l'autre de ces situations. 

Ces scénarios contrastés sont donc destinés aux hypothèses de rupture, ayant ou non un degré de probabilité faible, mais dont l'impact est potentiellement important.

 

 

 

prospective-exemples-scenarios-2

 

Exemple de modélisation de scénarios exploratoires de l'impact de l'évolution du climat sur le littoral (Alliance nationale de recherche pour l'environnement)

 

Les scénarios normatifs partent d'une norme de désirabilité (image souhaitable ou non). Le processus de modélisation est inverse aux scénarios exploratoires, puisqu’on remonte du futur vers le présent. Le cheminement est alors construit de façon rétrospective. Ils éclairent davantage les risques de ruptures et les moyens à mettre en œuvre pour parvenir à des objectifs prédéfinis (éviter telle situation ou atteindre telle autre).

 

Conclusion

Évidemment, la prospective ne consiste pas à regarder dans une boule de cristal, dans le but de deviner l'avenir, mais entend influer sur l’avenir, c’est une ouverture de l’entreprise vers l’extérieur. Une fois choisi le scénario le plus pertinent et plausible, elle oriente sur la dynamique à mettre en œuvre pour que son déroulement ait lieu.

Elle est source d’inspiration pour l’innovation dans la mesure où l’entreprise tente de s'approprier les changements du monde qui l’entoure : ruptures technologiques, nouvelles réglementations, crises, etc.

La prospective permet aux directions générales d’expliciter des domaines aux perspectives indéfinies et qui risqueraient de dégrader les processus métiers.

La résilience dépend de l’innovation et un bon moyen d’innover c’est encore de mettre en œuvre une démarche de prospective.

Mais attention, il ne faut pas oublier que l’avenir peut être très surprenant.

 

« Le pétrole est un liquide minéral dépourvu de toute utilité. De par sa nature, c’est un liquide gluant et nauséabond. Le pétrole ne peut être employé d’aucune façon, sauf à lubrifier les roues des charrettes indigènes. »

CONCLUSION DE L’ACADÉMIE DE SAINT-PETERSBOURG, après l’envoi d’une mission russe à Bakou en 1809.

 

 

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Rhona Maxwel

urbanisation-si.com

@rhona_helena

 

“Regarder un atome le change, regarder un homme le transforme, regarder l’avenir le bouleverse.”

Gaston Berger

 

Compléments de lecture

 

  1. BMM Business Motivation Model, norme OMG, les idées clés pour mieux comprendre la stratégie d'entreprise
     
  2. BMM Business Motivation Model, norme OMG, les éléments de modélisation – vision, but, objectif, stratégie, tactique, ...
     
  3. Cours complet BMM Business Motivation Model norme OMG - les concepts de base – les moyens pour parvenir à ses fins
     
  4. Cours complet BMM Business Motivation Model norme OMG - les facteurs impactants et les évaluations de leurs influences
     
  5. Positionnement des processus et règles métiers dans la norme BMM Business Motivation Model de l’OMG et autres artefacts génériques
     
  6. Modélisation métier : méthode des processus métier orientés objectifs
     
  7. Le Machine Learning est il aux moteurs de règles métiers (BRMS) ce qu’une chute d’une météorite géante fut pour l’extinction des dinosaures ?

22/03/2022
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Le condensé de l’ouvrage Architecture et transformation de l'entreprise et du SI de Romain Hennion

Cet ouvrage décrit la méthode d’architecture d’entreprise BATP (Business Architecture Transformation Program) de la société Global Knowledge, qui est une adaptation pratique de TOGAF (The Open Group Architecture Framework) en fonction de leurs nombreux retours d’expérience internationaux.

architecture-et-transformation-de-l-entreprise-et-du-si-togaf-en-pratique

 

Parution : 2014

 

L'auteur : Romain Hennion

  • Directeur de Projets en CyberSécurité - FORMIND (2021),
  • Directeur Programme Cyber Security Consulting - Oteria Cyber School (2021),
  • Responsable Pédagogique Cybersécurité - Ecole Centrale Paris (2013 - 2021),
  • Directeur Cyber Security & Risk - Deloitte (2018 - 2021),
  • Auditeur ISO - PECB Europe (2011 - 2020),
  • Directeur Gouvernance, CyberSécurité et Audit - Global Knowledge France (2008 - 2018).
  • Et pas moins d’une vingtaine de certifications (Iso 27701 Lead Manager, ISO 27032 CyberSecurity Lead Manager, ISO 27005 Risk Manager - Approved Trainer, Cobit, Itil, Lean Six Sigma, Prince2, Togaf…)

 

Etat de l’art et avenir de l’architecture d’entreprise

Les premiers chapitres sont évidemment consacrés à la définition de l’architecture d’entreprise, en insistant sur l’agilité comme impératif, la gouvernance, la conformité aux règles et la performance. Les missions stratégique, métier et Système d’Information de l’entreprise sont rappelées. L’auteur expose un historique qui va jusqu’aux situations actuelles comme le recentrage sur le cœur de métier et l’externalisation de fonctions comme la paye et pour l’informatique avec des solutions de cloud computing.

 

D’après lui, l’avenir de l’architecture d’entreprise pourrait se trouver dans les patterns organisationnels modélisant les structures communes de plusieurs entreprises.

L'analyse systémique est présentée avec beaucoup de pédagogie. Les aficionados du savoir encyclopédique, trouveront leur bonheur au chapitre panorama des méthodes avec le modèle du MIT CISR (Center for Information System Research), le modèle du FEA (Federal Enterprise Architecture), le framework de Zachman, TOGAF (The Open Group Architecture Framework), le modèle de McKinsey.

Les outils de modélisation sont répertoriés comme BPMN, à cette occasion l’auteur en profite pour parler de la méthode Lean Six Sigma, méthode d’identification des critères de qualité, de mesure de la performance et d’optimisation des processus.

Les limites du BPM comme les processus métier dynamiques et ad hoc sont trop souvent mis sous silence et ont le mérite d’être citées ici. 

 

L’architecture d’entreprise au quotidien

En ce qui concerne la modélisation du SI, une large part est consacrée à UML, avec le diagramme de cas d’utilisation et le diagramme d’activité pour les scénarios. 

SOA et une de ses implémentations avec les Services Web sont largement détaillés en introduisant des technologies comme Java.

A notre avis, cette partie n’a rien à faire dans un tel ouvrage. En effet, de nos jours, les Services Web sont remplacés par l’architecture microservices. L’auteur aurait dû, comme Yves Caseau dans son livre “Urbanisation, SOA et BPM", prendre de la hauteur en restant au niveau des concepts sans introduire de technologies d’implémentation. 

 

La méthode BATP
(Business Architecture Transformation Program)

Présentation

C’est seulement dans la deuxième moitié du livre que l’on voit enfin en détail TOGAF qui est quand même le sous-titre du livre. Et là, on est un peu déçu, car l’auteur Romain Hennion, qui a été Directeur “Architecture et Gouvernance” chez Global Knowledge (Formation et conseil) détaille dans le reste de l’ouvrage la méthode BATP (Business Architecture Transformation Program).

Certes, BATP s’appuie à la base sur les phases du cycle de vie de l’ADM (Architecture Development Method), le cœur de TOGAF, mais comme toute méthode, elle possède sa propre terminologie et concept qui déroute au premier abord tout connaisseur de TOGAF. Leur méthode BATP, nous dit-on, n’est que le fruit de l’évolution de TOGAF, Global Knowledge, l’a déployée des centaines de fois à travers le monde. 

Leur méthode comprend 5 étapes composées de tâches, que nous allons détailler. 

 

S’engager

L'événement correspondant à l’identification d’une opportunité client déclenche la 1ère étape dite d’engagement. L’objectif est d’améliorer le métier grâce à un processus de transformation de l’organisation. Les architectes d’entreprise, souvent d’anciens architectes logiciel, doivent de nos jours, se focaliser sur l’évolution et la transformation au niveau du métier, et non plus au niveau des technologies ou du SI.

Si l’architecte est interne à l’organisation, il établit sa propre crédibilité personnelle avec le métier et les parties prenantes, il doit montrer la valeur de la démarche d’architecture accompagnée de sa méthode. S’il est consultant externe, il doit démontrer sa crédibilité ainsi que celle de la société qu’il représente.

La première étape de la phase d’engagement est d’établir la vue des besoins métier, formuler les perspectives explicites ou implicites de l’organisation en utilisant l’outil “business model canvas” qui présente la manière dont une organisation crée de la valeur et se l’approprie.

 

business-model-canvas-lemonade-stand

 

Exemple de Business Model Canvas : Gérer un stand de limonade, template emprunté à Visual Paradigm

 

L’architecte doit ensuite affiner la vue des besoins des entreprises en interviewant les dirigeants. 

Pour préparer ces entretiens, on utilise le “stakeholder matrix”.

 

stakeholder-matrix-template

 

Stakeholder Matrix, template emprunté à Visual Paradigm

 

L’outil est le cadre classique pour les questions stratégiques, qu’est ce qui ne fonctionne pas ou qui freine le développement de la société, en distinguant les faits des opinions, l’objectif est d’inciter la DG à prendre des mesures.

La dernière tâche de cette 1ère étape consiste à préparer la proposition de vision et de périmètre de l’architecture. L’architecte décrit les avantages quantitatifs et qualitatifs d’une démarche d’architecture d’entreprise.

 

Collecter et Analyser

L’objectif de la 2ème étape “Collecter et Analyser” est de développer une analyse complète du métier. 

Une des tâches est de définir les concepts d’architecture. Il s’agit de modéliser l’état actuel du métier puis l’état souhaité, ce qui va servir de base à la conception du plan de transformation de l’organisation. On utilise les vues représentant un système en fonction des intérêts de la personne qui le regarde et les points de vue définissant la perspective à partir de laquelle le système est regardé c’est à dire :

  • Comment construire et utiliser une vue (schéma et modèle)
  • L’information qu’elle devrait contenir
  • Les techniques de modélisation
  • Les raisons de ce choix en décrivant les intérêts des parties prenantes.

 

L’architecte doit identifier les parties prenantes et recueillir les exigences avec les méthodes standards d’analyse de documents, d’interview, de groupe de travail, de brainstorming et d’observation.

L’auteur définit un modèle comme une représentation et une simplification de la réalité, afin de fournir de l’information à une audience particulière, dans le but d'analyser, de communiquer et de comprendre.

Selon lui, un modèle comprend 3 caractéristiques :

  • Représentation : la manière dont le modèle décrit les choses comme par exemple un diagramme, une matrice ou une simulation.
  • Simplification : réduire la complexité d’une situation qui empêche une vision globale.
  • Transfert d’informations : quoi envoyer, des données, des processus, des interactions, une séquence, des événements… et à qui, les dirigeants s'intéressent à des situations de haut niveau alors que les techniciens ont besoin de précisions. 

Les modèles constituent une documentation formelle réduisant le risque d'ambiguïté tout en apportant une compréhension commune du contexte.

 

pyramide-architecture-métier

 

Extrait de l'ouvrage de Romain Hennion : la pyramide Business Model Definition.

A noter que l'activité Business Scenario se trouve anormalement placée avant Business Use Case !

 

Business Model

Le business model présente les parties significatives de l’organisation et les flux d’information de haut niveau. Les modèles de contexte métier décrivent le périmètre à analyser.

 

Value Chain

La modélisation de la chaîne de valeur fournit une vue globale de l’entreprise. Elle comprend l’ensemble de ses capacités qui créent de la valeur. Le diagramme d’Ishikawa est utilisé pour identifier et organiser les différentes causes possibles d’un problème.

(voir notre article Modélisation métier : méthode des processus métier orientés objectifs).

 

Requirement Analysis

L’auteur aborde de manière pédagogique la gestion des exigences avec les définitions de la typologie associée (métier, parties prenantes, solutions, transition, politiques, règles métier, fonctionnelles et non fonctionnelles). 

 

Voir nos articles :

 

 

La méthode suivie par l’auteur intègre la méthode SMART (Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement borné), voir notre article :

 

Tutorial, exemple d’étude de cas TOGAF - Analyser les objectifs - étape 3.1 de Comment modéliser la phase A Vision de la méthode ADM

 

Business Use Case

Un manque de rigueur est à noter dans la pyramide du Business Model Definition. En effet, jusqu’à présent, l’activité de “business scenario” était placée dans plusieurs figures avant celle du Business Use Case, mais dans les 2 paragraphes qui leur sont consacrés, leurs positions sont inversées !

Les use cases UML ont toujours une certaine granularité et se composent de scénarios, nominaux alternatifs ou exceptionnels, permettant d’avoir la séquence des interactions des acteurs.

L’activité de description de ces scénarios vient donc logiquement après celle d’identification et de modélisation des use cases.

 

pyramide-business-model-business-use-case

 

Extrait de l'ouvrage de Romain Hennion : la pyramide Business Model Definition.

A noter que l'activité Business Use Case est cette fois-ci correctement placée avant Business Scenario.

 

Toujours très pédagogue, l’auteur détaille donc les cas d’utilisation métier à la fois processus et cas d’utilisation UML (ou SysML).

 

Voir nos articles :

 

Business Scenario

Pour aller plus en profondeur dans les niveaux de détails, l’auteur reprend le concept de Business Scenario déjà présent dans bien d’autres méthodes.

Les objectifs sont : 

  • Décrire un problème en s'appuyant sur la terminologie de l’architecture d’entreprise
  • Modéliser la séquence étape après étape d’un événement métier en l’accompagnant d’une description textuelle
  • Détailler les ressources humaines et les technologies mises en œuvre pour atteindre le résultat voulu.

Le processus itératif et incrémental de réalisation de ces scénarios est entièrement passé en revue. 

 

Business Process Modeling

Le Business Process Modeling termine la démarche de la définition du Business Model. L’auteur rappelle la définition et les fondamentaux de la modélisation des processus avec BPMN.

 

Voir nos articles :

 

 

Construire et Valider

Cette étape est déclenchée par l’input “Vision de l’entreprise cliente axée sur l’activité” correspondant à l’output de l’étape précédente “Collecter et Analyser”.

La première tâche vient de la démarche d’urbanisation du SI consistant à aligner l’architecture technique sur l’architecture métier en suivant les domaines traditionnels d'architecture :

  • L’architecture conceptuelle ou métier
  • L’architecture logique ou fonctionnelle
  • L’architecture physique ou technique

L’auteur fait le rapprochement avec les types d’architecture défini dans TOGAF.

 

Voir notre article : TOGAF pour les nuls.

 

La tâche suivante consiste à identifier les solutions possibles. La panacée passe par un brainstorming, une évaluation des dépendances, une estimation des coûts et une analyse des contraintes.

 

Présenter la solution et Obtenir l’accord

L’objectif est de proposer plusieurs solutions issues de l’étape précédente, puis à concevoir la solution choisie et la mettre en œuvre. 

 

Voir notre article sur le schéma directeur élaboré par le DSI : Les étapes d'un schéma directeur

 

Pour faciliter l’adhésion des parties prenantes, il faudra détecter les soutiens et les résistances au changement.

Pour ce qui est de la communication avec les dirigeants, Romain Hennion propose le modèle de compréhension IOCBAA (Issue, Opportunity, Credentials, Benefits, Action, Agenda) de Kenn Leithwood ( https://www.oise.utoronto.ca/lhae/Faculty/1650/Kenneth_Leithwood.html ). 

Ce modèle montre comment délivrer un premier message qui attire l’attention et prépare les destinataires à recevoir la suite.

 

Dernière étape : Mettre en œuvre et Évoluer

Le but est de déployer la solution acceptée à l’étape précédente. La mise en œuvre pouvant s’effectuer sur une période significative, un processus de gestion des changements devra être élaboré.

Dans une perspective de résolution consensuelle des conflits, l’auteur cite le psychologue Kurt Lewin qui a développé les concepts de “dynamique de groupe” et de “résistances au changement” (http://www.sietmanagement.fr/les-phases-du-changement-la-conduite-des-etapes-des-trajectoires-k-lewin-r-zmud/)

A la fin de l’ouvrage, l’auteur aborde la gouvernance de la mise en œuvre et les moyens pour s’assurer des bénéfices et de la satisfaction du client.

 

Conclusion

On regrette que l’auteur ait laissé la quasi-totalité des illustrations en anglais, ce qui complique la compréhension pour le profane, bien que l'on retrouve les traductions en français dans les explications textuelles.

Comme le livre traite majoritairement de la méthode BATP de Global Knowledge, le sous-titre “La méthode TOGAF en pratique” est exagéré si l’on recherche un ouvrage traitant rigoureusement de ce sujet.

Bien souvent, les méthodes consistent en un assemblage de bonnes pratiques, de certaines parties d’autres méthodes ou de modèles, la méthode BATP en est la preuve flagrante. 

Toutefois, cet ouvrage conviendra parfaitement pour le lecteur néophyte désirant avoir une connaissance concrète des activités d’un consultant dans le domaine de l’architecture d’entreprise. 

Quant au lecteur aguerri, il trouvera sûrement de nouvelles pistes passionnantes à explorer. 

 

Architecture et transformation de l'entreprise et du SI

La méthode TOGAF en pratique.

Romain Hennion

Parution : 2014

Editeur : Eyrolles

 

 

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Rhona Maxwel

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“Celui qui accepte le mal sans lutter contre lui coopère avec lui.”

Martin Luther King

 

Compléments de lecture

 

  1. TOGAF pour les nuls.

  2. Le processus des itérations ADM (Architecture Development Method), le moteur de la transformation d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  3. La phase A Vision du cycle de la méthode ADM (Architecture Development Method) de la transformation d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  4. Comment mettre en œuvre la phase B Métier de la méthode ADM (Architecture Development Method) du framework d’Architecture d’Entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  5. Comment mettre en œuvre la phase C Système d’Information et la phase D Technique de la méthode ADM (Architecture Development Method) du framework d’Architecture d’Entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  6. Comment mettre en œuvre la phase E Opportunités et Solutions de la méthode ADM (Architecture Development Method) de la transformation d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  7. Comment mettre en œuvre la phase F Planning de migration de la méthode ADM (Architecture Development Method) de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  8. Comment mettre en œuvre la phase G Gouvernance de la méthode ADM (Architecture Development Method) de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  9. Les objectifs de la phase H « Gestion de la maintenance et des évolutions » de la méthode ADM (Architecture Development Method) de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  10. La vision dynamique des exigences de la méthode ADM (Architecture Development Method) de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  11. La structure de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  12. Les concepts du métamodèle de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  13. Le diagramme de classe UML du métamodèle de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  14. L’extension « Gouvernance » du métamodèle de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  15. L’extension « Services » du métamodèle de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  16. L’extension « Modélisation de processus métier » du métamodèle de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  17. L’extension « Modélisation des données » du métamodèle de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  18. L’extension « Consolidation d’infrastructure » du métamodèle de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  19. L’extension « Motivation » du métamodèle de l’architecture d’entreprise TOGAF (The Open Group Architecture Framework)

  20. Le référentiel TOGAF sous toutes ses coutures : le « Continuum d'Entreprise » et la réutilisation de l'architecture

  21. Le référentiel TOGAF, le patrimoine des informations et des bonnes pratiques pour toute l’entreprise

  22. Gouvernance d’entreprise, Gouvernance technologique, Gouvernance informatique et Gouvernance de l’architecture : mais où se situe la Gouvernance TOGAF ?

  23. Le cadre de gouvernance de l'architecture : identifier les processus et les structures organisationnelles efficaces

  24. Gouvernance de l'architecture en pratique : principaux facteurs de succès et éléments d'une stratégie efficace


03/03/2022
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Visual Paradigm : l’eldorado du consultant en quête de présentations dorées, mais est-il un bon outil de modélisation pour l’architecte d’entreprise, voici notre test

Cet outil gratuit, en français, en mode SaaS dans le cloud, accessible à partir de nombreux appareils mobiles (iOS, Android…), offre un panorama hétéroclite de modèles de visuels, dont voici une liste à la Prévert : cartes cadeaux, anniversaire, menus, albums photos, tableaux de bord, graphiques statistiques, bande dessinée… et ce qui nous intéresse tout particulièrement les diagrammes ArchiMate, BPMN, et UML. 

 

visual-paradigm-diagramme-archimate-architecture-entreprise-hexagonale

 

 

Visual Paradigm propose pêle-mêle des cartes cadeaux,
mais aussi des diagrammes d'architecture d'entreprise

 

Pourquoi Visual Paradigm est le couteau suisse du consultant pressé de rédiger sa présentation PowerPoint

Installation

Un mail valide suffit à créer un compte permettant d’accéder aux outils de dessin et aux innombrables templates.

Tous les formats d’export sont proposés : JPEG, PNG, SVG, PDF et même directement comme image vers Microsoft Office, très pratique par exemple pour les présentations PowerPoint.

 

ArchiMate

Pour ArchiMate, Visual Paradigm propose 168 templates. Ces exemples couvrent toutes les couches : Stratégie, Métier, Application, Technologique & Physique, Motivation,  Implementation & Migration.

Le consultant trouvera certainement une vue similaire à ce qu’il désire modéliser. 

Quant aux étudiants, ils trouveront là des illustrations pratiques des concepts théoriques d’ArchiMate en complément de cours plus didactique.

 

visual-paradigm-diagramme-archimate-168-templates

 

Visual Paradigm propose 168 exemples de diagrammes ArchiMate

 

BPMN

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Visual Paradigm propose 4 exemples de diagrammes BPMN

 

La prise en main est immédiate, tout est à portée de souris, bravo l’ergonomie.

 

visual-paradigm-diagramme-bpmn-order-process

 

Exemple d'un processus avec Visual Paradigm



UML

 

visual-paradigm-diagramme-uml-8-diagrammes

 

Visual Paradigm propose 8 types de diagrammes UML, il en manque 5 !

 

Manque 5 diagrammes pour couvrir la norme de l'OMG : object, communication, composite structure, interaction overview et timing, ce qui peut être rédhibitoire dans certains cas comme ne pas pouvoir mettre des contraintes de temps sur des transitions d’états.

 

visual-paradigm-diagramme-uml-component

 

Exemple de diagramme UML de composants avec Visual Paradigm

 

Le diagramme de composants permettant de modéliser les connexions, grâce aux interfaces requises et fournies est complet et encore une fois l’élaboration se fait de manière très intuitive.

 

Bravo pour le partage d’écran

Pour partager son écran, il suffit d’aller dans le menu “Share” puis “Collaboration”, de saisir le mail d’un collègue et les permissions par défaut des membres de l'équipe, à choisir entre : édition, visualisation, ou accès seulement au créateur.

 

visual-paradigm-partage-ecran-droits-permissions

 

 

Partage de document et affectation des droits avec Visual Paradigm

 

Le coéquipier reçoit dans sa boîte mail un lien demandant confirmation. Une fois le mail validé, un autre mail est envoyé avec un lien permettant d’accéder au document qui a été partagé. 

 

Un utilisateur qui vient de créer un diagramme peut partager son écran avec un collègue qui a été dûment référencé.

 

visual-paradigm-partage-ecran-activer-partage-ecran

 

Activation du partage écran avec Visual Paradigm

 

Un membre d’une équipe peut demander la permission pour voir l’écran d’un autre qui recevra une notification demandant l'autorisation.

 

visual-paradigm-partage-ecran-voir-ecran-autre-collaborateur

 

Demande de visualisation d'un écran d'un autre membre de l'équipe

 

Les actions d’un utilisateur distant sont répercutées en temps réel.

 

visual-paradigm-outil-collaboratif-partage-ecran-1

 

Un autre membre distant à qui l’on a autorisé l'accès au diagramme, est en train de déplacer sa souris indiquée ici en vert avec son nom

 

visual-paradigm-outil-collaboratif-partage-ecran

 

Un membre d'une équipe est en train de regarder l'écran distant d'un autre, apparaissant entouré d'un cadre violet avec le nom du membre distant

 

Pourquoi Visual Paradigm n’est pas un outil destiné
à l'architecte d’entreprise

Un outil d’architecture d’entreprise doit gérer un référentiel d'objets (acteur métier, rôle métier, processus métier…), leur cycle de vie ainsi que les méta-informations pour la gouvernance. Rien de tout cela ici, Visual Paradigm, se contente uniquement de stocker les diagrammes dans un Cloud comme VP Online (celui de Visual Paradigm), Google Drive… ou sur un support local de persistance.

 

Exemples de fonctionnalités essentielles manquantes et indispensables dans un outil d’architecture d’entreprise :

  • Pas de traçabilité pour les mesures d’impact
  • Pas d’analyses, de génération de documentation, de rapports, de tableau de bord
  • Pas de vérification des diagrammes
  • Pas d’audit
  • Pas de métamodèle
  • Pas de scripts
  • Pas de support MDA
  • Pas d’interopérabilité avec les autres outils
  • Pas de support XMI

 

Conclusion

Ce logiciel hyper généraliste conviendra aux infographiste, intégrateur web, designer, business analyst, AMOA… sauf à l’architecte d’entreprise pour qui l’absence de référentiel, de système de traçabilité, de navigation entre les artefacts de modélisation, de méta-modèle, de génération de rapports… sera rédhibitoire.

Par contre, sa gratuité, sa facilité d’installation en mode SaaS ne demandant aucune connaissance technique, la possibilité de partager son écran à des coéquipiers et les nombreux exemples ArchiMate, BPMN, UML, prêts à être adaptés, font de Visual Paradigm un excellent outil pédagogique pour mettre en pratique l’art de la modélisation. 

 

Note : 3/5  

Nous regrettons :

  • Que ce soit uniquement un outil de dessin.

 

Nous aimons :

  • Le mode SaaS

  • Le partage d’écran permettant le travail en équipe

  • Les innombrables exemples ArchiMate, BPMN et UML

  • Son excellente ergonomie

 

 

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Rhona Maxwel

urbanisation-si.com

@rhona_helena

 

“Celui qui, par quelque alchimie sait extraire de son cœur, pour les refondre ensemble, compassion, respect, besoin, patience, regret, surprise et pardon crée cet atome qu'on appelle l'amour.”

Khalil Gibran

 

Compléments de lecture

Outils de Modélisation et comparatifs

 

Apprendre ArchiMate

  1. ArchiMate pour les nuls : les fondamentaux - 1

  2. ArchiMate la synthèse : les éléments de motivation - 2

  3. ArchiMate en condensé : les éléments de stratégie - 3

  4. ArchiMate l’essentiel : les éléments de la couche métier - 4

  5. ArchiMate mémento : les éléments de la couche application - 5

  6. ArchiMate aide mémoire : les éléments de la couche technologique - 6

  7. ArchiMate en abrégé : les éléments physiques de modélisation - 7

  8. ArchiMate mémento : Alignement de la couche métier avec les couches inférieures - 8

  9. ArchiMate : modélisation de l’alignement des couches d'application et de technologie - 9

  10. ArchiMate : les éléments d'implémentation et de migration - 10

  11. ArchiMate : vues et points de vue - 11

  12. ArchiMate : guide complet des éléments de modélisation - 12

 

BPMN

  1. BPMN 2 : les concepts de base des processus métiers

  2. BPMN pour les nuls : les collaborations

  3. BPMN pour les nuls : les chorégraphies (Choreographies)

  4. BPMN pour les nuls : les conversations

  5. BPMN : norme OMG - synthèse des éléments graphiques

  6. BPMN : l'antisèche pour rester incollable en modélisation de processus

  7. BPMN l’exemple type pour tout comprendre sans prendre d’aspirine

  8. BPMN : la norme, toute la norme rien que la norme. L'exemple à lire en attendant une pizza

  9. BPMN : mais que dit la norme sur les sous-processus et la gestion des événements d'interruption et de remontée d'incidents ?

  10. BPMN : processus exécutables, comment s'y prendre ? (1/3)

  11. BPMN : processus exécutables, comment s'y prendre ? (2/3)

  12. BPMN : processus exécutables, comment s'y prendre ? (3/3)

  13. Comment identifier, simuler, améliorer et modéliser les processus métiers ?

  14. Comment mettre en place un jeu de rôles pour modéliser un processus métier ?

 

Pour devenir expert en UML

 


22/02/2022
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