urbanisation-si

urbanisation-si

TOGAF pour les nuls.

Voici un condensé sur TOGAF (The Open Group Achitecture Framework), le standard d’architecture d’entreprise qui s’impose aujourd’hui.

Dans cet article vous trouverez tout ce que vous devez savoir sur TOGAF sans être obligé de lire les 52 documents de référence en anglais.

 

TOGAF-les-phases-de-l-ADM-Architecture-Development-Method-01.PNG

  

Comme nous l’avions fait pour un autre cadre d'architecture d'entreprise, le framework de Zachman, pour le langage de modélisation des processus métiers BPMN et enfin le langage de modélisation des systèmes complexes SysML :

 

 
  

Le meilleur cap pour atteindre son but.

 

TOGAF est une méthode générique comportant des solutions clés en main à la transformation de l’architecture d’entreprise.

 

Évidemment l’objectif suprême est la réalisation d’applications opérationnelles.

  

Pour se faire, il faut une vision globale couvrant les aspects stratégiques, métiers, organisationnels, s’assurer de l’alignement entre le métier et la technique, rechercher constamment l’évolutivité des SI et avoir une culture de l’innovation.

 

TOGAF intègre les stratégies, les exigences, les processus métiers, les applications, les infrastructures techniques et des associations efficientes entre ces différents aspects et va même jusqu'à la planification et la gestion du changement.

 

L’ADM (Architecture Development Method) spécifie le cycle des étapes ou phases de la méthode et leurs transitions. Le plancher de la durée d’un cycle ADM peut être de 6 mois et le plafond de 2 ans.

 

Comme toutes méthodes, pour contribuer à atteindre les objectifs fixés depuis la vision (A) jusqu'à la maintenance de l’architecture déployée (H), les étapes requièrent des artefacts en entrées et fournissent des produits en sortie.

 

La démarche consiste de connaître l’existant, fixer la cible, établir la meilleure trajectoire pour l’atteindre et mettre en place les moyens pour réaliser avec succès la transformation.

 

Les déclencheurs pour une mise œuvre de TOGAF peuvent être :

  • la fusion ou rachat de 2 organisations,
  • la conception de services innovants,
  • la réorganisation interne face à la concurrence.

 

Mes retours d’expérience m’ont montré que l’on doit toujours adapter une méthode au contexte et ne jamais vouloir l’appliquer à la lettre coûte que coûte sinon de risquer que les parties prenantes ne veulent plus s’impliquer.

 

Les évolutions concernent des domaines spécifiques liées aux objectifs métiers et l’organisation continue de fonctionner comme s’il n’y avait pas de transformation en cours.

 

Concrètement la trajectoire vers l’architecture cible est constituée de projets de réorganisation de processus métiers, de développement d’applications, du changement de modèles de données.

L’élaboration de la planification des projets opérationnels est un des principaux livrables de TOGAF.

 

Exemple d’une trajectoire d’une de mes missions de conseil pour une fusion de 2 mutuelles :
 
Pallier 1
 : réalisation des modules applicatifs de gestion des personnes et des contrats pour le domaine individuel, cartographie du nouveau référentiel produit, réalisation du module applicatif concernant le paramétrage et le référentiel des produits, migration des anciennes bases de données vers le nouveau modèle.
 
Pallier 2 : développement du domaine collectif, réalisation des moteurs de liquidation des garanties santé et prévoyance, intégration des modules applicatifs
 
Pallier 3 : réalisation des modules de traitements des prestations pour les gestionnaires santé et prévoyance, intégration des modules, accompagnement aux changements pour les paramètreurs et les gestionnaires.
 
Pallier 4 : développement des batchs, refonte du site internet pour les adhérents en individuel et collectif.
 
Pallier 5 : mise en production

 

Les différences entre l’architecture d’origine et la cible doivent être liées avec les objectifs métiers, cette traçabilité est matérialisée par une matrice « écarts existant/cible et objectifs métiers » pour étude et vérification.

Ces indicateurs permettent de matérialiser l’effort à fournir pour que l’organisation capable de répondre à la nouvelle stratégie.

A-t-on suffisamment innover, a-t-on les bonnes compétences, les processus métiers sont-ils efficients, les infrastructures techniques sont-elles en adéquation avec l’ambition stratégique ?

 

Il faut bien avoir conscience qu’au cours de la phase d’élaboration, l’identification des écarts et l’évaluation des impacts sont intimement liés, et on doit toujours considérer l’entreprise dans sa globalité.

 

L’ADM a pour but d’établir de nouvelles capacités métiers, pour satisfaire les clients. C’est toute la chaîne de production de valeur qui est concernée. Une application techniquement réussie ne suffit pas s’il n’y a pas l’adhésion de ces utilisateurs, l’implication de la direction générale, un processus non optimisé.

 

 

Qu'en est il des couches d’architecture dans TOGAF.

 

TOGAF-Architecture-02.PNG

  

Dans l’architecture TOGAF, on retrouve à peu de choses près les niveaux de l’urbanisation des Systèmes d’Information (métier, fonctionnel, applicatif, technique) :

 

  1. L’architecture métier représente la stratégie, les objectifs, les processus métiers, les aspects fonctionnels.
     
  2. L’architecture des données représente les aspects organisationnels et la gestion des informations  
     
  3. L’architecture applicative représente les applications, les modules ou composants logiciels ainsi que les relations et les communications qui existent entre eux.
     
  4. L’architecture technique représente le déploiement de ces composants, les frameworks techniques de base, les matériels et les infrastructures réseaux.

  

En ce qui concerne l’ADM, la phase B est consacrée au métier, la phase C aux données et à l’applicatif et la phase D à la technique.

 

La aussi comme dans toutes les méthodes, on va trouver un référentiel d’architecture afin de stocker, communiquer et capitaliser ces informations stratégiques pour l’organisation et qui va faciliter l’aide aux décisions.

 

TOGAF n’échappe pas à la règles des méthodes en distinguant « architecture » (ABB Architecture Building Block) et « solution » (Solution Building Block). 

 

 

N’oublions pas les exigences et les contraintes !

 

L'OMG (Object Management Group) a défini une norme de modélisation sur les aspects stratégie, objectifs métiers, buts, nommée BMM (Business Motivation Model), voici les principaux articles que j'y avais consacré dans la catégorie  BMM  du site :

 

  1. BMM Business Motivation Model, norme OMG, les idées clés pour mieux comprendre la stratégie d'entreprise
     
  2. BMM Business Motivation Model, norme OMG, les éléments de modélisation – vision, but, objectif, stratégie, tactique, ...
     
  3. Cours complet BMM Business Motivation Model norme OMG - les concepts de base – les moyens pour parvenir à ses fins
     
  4. Cours complet BMM Business Motivation Model norme OMG - les facteurs impactants et les évaluations de leurs influences
     
  5. Positionnement des processus et règles métiers dans la norme BMM Business Motivation Model de l’OMG et autres artefacts génériques
     

TOGAF défini des concepts permettant de formaliser les résultats escomptés :

 

  • Les objectifs stratégiques, buts, grandes orientations  
     
  • Les objectifs opérationnels transforment les objectifs stratégiques ou résultats mesurables
     
  • Les pilotes (drivers) concernent des changements conjoncturels et la nécessité de s’adapteraux innovations technologiques.
     
  • Les spécifications qui vont être réalisées pour parvenir à ces objectifs.
     
  • Les contraintes externes qui vont réduire les objectifs. Par exemple une nouvelle loi, impose des règles que l’on doit intégrer et qui peuvent impacter les objectifs de l’organisation.

 

L’architecture d’entreprise met en œuvre la traçabilité entre les buts fixés et les composants du système ce qui permet de toujours vérifier l’adéquation entre les besoins métiers et l’architecture.

 

 

Et l’humain dans tout ça ?

 

TOGAF propose d’identifier chaque partie prenante grâce à une série de questions ( qui gère les ressources, qui décide de la stratégie, qui met en place le processus de transformation, …).

 

TOGAF gère la conduite du changement en identifiant les risques de résistance aux changements et pouvoir définir les actions à entreprendre pour les circonscrire.

 

Pour communiquer avec les différentes parties prenantes, TOGAF met en œuvre les points de vue qui sont des représentations du système adaptées à ce que recherche l’interlocuteur, à son niveau.

Par exemple, la direction générale s’intéresse à des descriptions globales et transverses et ne veut pas rentrer dans le détail.

 

 

Qui est le patron ?

 

La direction fixe les objectifs stratégiques qui se traduisent en décision relevant de l’architecture et notamment dans l’évolution du système d’information.

 

Les objectifs stratégiques ou les exigences métiers sont formalisées dans la partie « Architecture Métier » de TOGAF ce qui permet de tracer des liens entre ces éléments et les autres composants du système.

 

Cette traçabilité permet une compréhension commune des concepts métiers à tous les acteurs et précise leurs rôles au sein de l’entreprise.
Elle permet de mesurer les impacts lorsqu'il y aura une évolution pour s’adapter aux besoins futurs.

 

Des forces parasites font que le système a tendance à s’éloigner de la trajectoire ou à ne plus respecter les règles établies.

Pour éviter cela, une organisation centralisée, basée sur une gouvernance transverse doit prendre en charge l’architecture de l’entreprise, ses choix stratégiques, ses principes et son plan d’action.

Cette gouvernance se présente sous forme d’un comité d’architecture qui a un rôle de contrôle et de de pilotage.

 

TOGAF possède un catalogue de principe d’architecture comme :

  • Le système doit être indépendant des plates-formes techniques
  • La continuité de services
  • La qualité des données
  • Les applications doivent être harmonisées
  • Les utilisateurs doivent être impliqués dans les choix d’architecture
  • L’utilisabilité des applications

 

Vous voilà maintenant pleinement rentré dans le monde TOGAF. 

Les prochains articles seront consacrés à :

  • expliquer la méthode ADM,
  • décrire le métamodèle TOGAF,
  • donner les bonnes techniques de modélisation,
  • conseiller sur les outils à utiliser,
  • formaliser les modèles à utiliser pour les différentes phases ADM,
  • ...

bref une série qui s'annonce passionnante.  

 

Rhona Maxwel

@rhona_helena

 

"Exister consiste à changer, changer à se mûrir, se mûrir à se créer indéfiniment soi-même."

Henri Bergson

 

 

Articles conseillés :

 

Sur quels critères doivent reposer les indicateurs d'urbanisation d'un système d'information ? 
 

La méthode top-down dans l'urbanisme du Sytème d'Information
 

Objectifs des indicateurs du processus d'urbanisation du Système d'Information

 

On remet une couche sur le cadre d'urbanisation SI ?
 

Urbanisation SI : comment marche le méta-modèle ?
 

Libérez-vous, laissez votre stratégie prendre le leadership"
 

En cas d'évènements imprévus, votre SI doit savoir jouer les "Transformers" !
 

Avec un peu de métier, métamodéliser la vue métier pour assurer la traçabilité avec la stratégie
 

En urbanisation SI, comment définit-on la vue fonctionnelle et quels sont les liens avec la vue métier et applicative ?
 

En urbanisation SI, comment met on en oeuvre la traçabilité entre la vue applicative et les vues fonctionnelle et infrastructure ?



20/10/2017
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 124 autres membres